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Un film de Yoji Yamada (Japon)

"La Maison au toit rouge" Sortie en salles le 1er avril 2015.

1936. Taki, jeune fille venant de la campagne, est employée comme bonne à tout faire dans une petite maison bourgeoise de la banlieue de Tokyo.

La famille est composée de Tokito, de son mari Masaki et de leur fils, un enfant de six ans.

Ikatura, le nouveau collègue de Masaki est un jeune homme sensible et raffiné vers qui Tokito se sent attirée. Ils se rencontrent et Taki devient le témoin de leur amour clandestin.

Masaki est à ce point sûr de la fidélité de sa femme et de l’innocence d’Ikatura qu’il charge son épouse de convaincre son collègue dispensé de service militaire pour raisons de santé, de se marier et de procréer, puisque tous les hommes étant au front, une baisse de natalité se fait sentir dans le pays.

La mission dont Masaki charge sa femme l’amène à rencontrer régulièrement Ikatura sans se cacher. Mais celui-ci, amoureux de Tokito, décline toutes les propositions de mariage qui lui sont faites.

Lorsque la guerre éclate, Taki qui sait tout de la relation de sa maîtresse, devra prendre une terrible décision.

Soixante ans plus tard, lorsque Taki meurt, son petit neveu Takeshi trouve dans ses affaires une enveloppe scellée. Il découvre alors la vérité sur ce secret longtemps gardé…

Cinéma : la maison au toit rouge

"La maison au toit rouge " n’est pas seulement une histoire d’amour construite autour d’un secret ; c’est aussi la description du mode de vie d’un foyer bourgeois pendant la période précédant la

Seconde guerre mondiale et s’achevant avec la défaite du Japon.

La guerre qui est présente tout au long du récit, dresse une toile de fond pesante et menaçante à une histoire d’amour consommée ou pas, mais dont la grande pureté est évidente.

Elle s’insinue dans le quotidien de cette famille privilégiée par son statut, son appartenance à la petite bourgeoisie.

Ainsi, le récit fonctionne sur deux registres. De la candeur des personnages émane une douceur, une fluidité dans les relations qui lui donnent une apparence lisse confirmée par le confort d’un intérieur douillet qui semble mettre les protagonistes à l’abri de toute menace extérieure.

Pourtant, cette maison au toit rouge qui semble un havre de paix est menacée d’une part par le conflit qui s’annonce, la guerre qui se précise, et de plus près par de surprenantes et violentes secousses météorologiques.

Dans son déroulement, le récit relie entre elles trois époques qui n’en font qu’une et la faute commise par l’héroïne, en dissimulant un secret tenu, se mesure au crime incommensurable de la guerre.

Ayant culpabilisé toute sa vie à cause de la faute mineure qu’elle a commise, la tante Taki compense par un amour éperdu qu’elle voue à la vie.

"La maison au toit rouge" a valu à Haru Kuroki le Prix d’interprétation féminine au Festival de Berlin 2014.

Francis Dubois

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