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une co-production franco-berbère, mise en scène d’Amor Hakkar

"La Maison jaune" sortie en salle le 5 mars

Amor Hakkar a quitté les Aurès où il est né en 1958, à l’âge de six mois, pour aller vivre avec sa famille en France, à Besançon. En 2002, à l’occasion du décès de son père, il fait un retour en Algérie. C’est à ce moment là qu’il écrit le premier scénario de La Maison jaune.
Amor Hakkar choisit de situer l’histoire de son film dans un douar de la région de Kenchela, un endroit particulièrement reculé, où les habitants ignorent tout des éléments les plus basiques qui sont, depuis longtemps, passés dans le fonctionnement de notre quotidien comme la télévision ou les lecteurs de cassettes. La famille vit pauvrement de la vente de légumes cultivés sur les lopins de terre disséminés à flanc de montagne. La mort accidentelle du fils aîné qui effectuait son service militaire dans la gendarmerie va bouleverser l’existence paisible de la famille. Avec le corps du jeune garçon qu’il ramène sur la remorque de son tricycle Lambretta, le père transporte aussi une curieuse boîte dont il découvre un jour qu’elle contient des images : une cassette vidéo. La première partie du film est le voyage du père au volant de son tricycle, de Kenchela à Batna où il doit reconnaître, à la morgue, le corps de son fils. Voyage ponctué de rencontres, de courtes haltes et de plans sur le visage déterminé du père La deuxième partie est autour de tout ce que tente le père et ses filles pour rendre l’appétit et une énergie à la mère que le deuil a abattue. Suffira-t-il comme on le leur conseille, de repeindre la façade de la maison en jaune ou d’adopter un chien. La réponse est sans doute dans la cassette vidéo. Mais comment la lire quand la maison n’a pas le courant électrique. Si le personnage du père, interprété par le réalisateur lui même, fait de détermination naïve, est réussi, c’est celui de la fille aînée qui est à la fois le plus attachant et le plus singulier. Cette adolescente qu’on voit, dans la première scène du film, bêcher avec acharnement un lopin de terre aride bouscule les règles qui placent habituellement la jeune fille dans un rôle réducteur. Or, elle, alors que les femmes assistent de loin à la mise en terre du corps du jeune homme, est dans le cortège des hommes. Prend-elle la place de l’aîné absent, quand juchée sur la remorque, elle accompagne le père au marché ? Le personnage est-il accidentel, le fruit des circonstances ou bien laisse-t-il apercevoir une autre image de la femme dans la société algérienne. Un film touchant dont la maladresse est l’atout majeur. Un beau film simple et émouvant sans fioriture ni folklore.
Francis Dubois

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