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Un film de Bertrand Tavernier (France)

"La Princesse de Montpensier" Sortie en salles le 10 novembre

1562, la France de Charles IX, aux prises avec les guerres de religion, est à feu et à sang. Alors que Marie de Mézières se destine au jeune Duc de Guise, son père, pour des raisons d’intérêt l’oblige à épouser le Prince de Montpensier. Elle se plie à la volonté paternelle mais sitôt mariée, le jeune Prince est appelé par Charles IX à partir combattre contre les protestants.
Marie, pour se tenir à l’abri des combats sanglants, se réfugie dans un château reculé en compagnie du Comte de Chabannes qui fut autrefois le précepteur du Prince de Montpensier.
A Champigny, la jeune femme met à profit son isolement pour parfaire son éducation sous l’égide du Comte mais elle ne parvient pas, malgré le temps et l’éloignement, à réfréner sa passion persistante pour le Duc de Guise…
Après l’épisode américain et le très réussi "Dans la brume électrique", Bertrand Tavernier éprouvait le désir de se plonger dans un film profondément français dont le récit aurait un rapport direct avec l’Histoire, la belle langue et les paysages. L’adaptation de la courte nouvelle de Madame de Lafayette convenait à son projet.

© Studio Canal

Si ce film, "La Princesse de Montpensier", s’attache essentiellement aux amours de Marie de Mézières dont la grâce et les charmes auront séduit à la fois le Duc de Guise, le guerrier balafré, Philippe de Montpensier, l’époux jaloux, le Duc d’Anjou homme sensible et cultivé ainsi que le dévoué Comte de Chabannes... il n’en néglige pas pour autant le contexte historique et laisse une place importante à la tension des conflits religieux et aux combats guerriers qui se multiplient à cette époque. Bertrand Tavernier s’attache autant à l’authenticité de ses personnages qu’aux décors où ils évoluent et il en résulte un beau film romanesque, beaucoup trop vibrant pour qu’il soit réduit au livre d’images qu’il aurait pu être.
Et d’une certaine façon, même s’il est l’adaptation fidèle de la nouvelle de Madame de La Fayette, s’il respecte à la lettre les faits historiques qui ont marqué ce milieu du seizième siècle et s’il est traité dans une forme classique, ce film a des accents résolument modernes. C’est sans doute ce subtil mélange, soutenu par une distribution de haute tenue, qui fait du film de Tavernier une œuvre à la fois forte et divertissante. Les quatre jeunes comédiens à qui il a fait appel et qui constituent le meilleur de la jeune garde du cinéma français, ont plus que l’énergie et l’élégance qui conviennent. Il ont une gestuelle libre et, pour dire les jubilatoires dialogues de Jean Cosmos, un phrasé à la fois moderne et respectueux de la "belle langue".
Bertrand Tavernier confirme ici qu’il est un de nos plus grands réalisateurs et ceux qui l’accompagnent dans l’aventure, qu’ils ont beaucoup de talent...
Francis Dubois

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