Actualité théâtrale

Jusqu’au 31 janvier 2010 au Théâtre du Lucernaire

"La ballade de Simone" d’après Simone de Beauvoir

En 1949, Simone de Beauvoir écrit «  le deuxième sexe », considéré comme un manifeste du féminisme. Elle y nie l’existence d’une identité féminine spécifique et affirme : « on ne naît pas femme, on le devient ». Cela la conduit à s’interroger sur les raisons de la condition inférieure des femmes et elle pointe le piège que représentent pour les femmes le mariage et la maternité. Pendant la période où elle écrit ce livre, elle vit une belle histoire d’amour avec un auteur américain Nelson Algren, qui la confronte à l’application de ses idées dans sa vie. Quoiqu’il lui en coûte, elle refuse de renoncer à sa relation particulière à Sartre et à aliéner sa liberté en allant vivre aux Etats-Unis une vie de couple avec Nelson Algren. Elle choisit de rester une femme libre, mais n’oubliera jamais son amant, se faisant enterrer avec au doigt l’anneau qu’il lui avait offert.
En choisissant de croiser des extraits du « deuxième sexe », des «  lettres à Nelson Algren  » et de «  la force des choses », Michelle Brûlé, qui anime par ailleurs des cafés philo, éclaire les différentes facettes de la personnalité de Simone de Beauvoir.

Michelle Brûlé

Lorsqu’on se souvient de la violence des attaques, de gauche comme de droite, qui accueillirent la publication du « deuxième sexe  », on est heureux de retrouver ici une Beauvoir joyeuse, sensuelle, amoureuse mais qui reste une intellectuelle lucide. Ces différents aspects de la personnalité et de la pensée de Simone de Beauvoir, qui sont présentés ici plus comme complémentaires que comme contradictoires, sont mis en lumière par deux actrices. L’une, Michelle Brûlé, joue de l’accordéon, l’autre, Odja Llorca, chante des chansons de Sartre et de Boris Vian qui évoquent bien l’atmosphère de l’époque et répondent aux textes de Beauvoir. Un rideau de perles est en fond de scène, comme un voile qui masque la psyché féminine et qui est là pour être franchi par les deux comédiennes pour toujours revenir au devant de la scène rappeler la nécessité d’un équilibre entre les deux sexes. Un spectacle intelligent pour rendre justice à Simone de Beauvoir, si souvent caricaturée, portée par deux bonnes actrices et les chansons symboles de l’existentialisme.
Micheline Rousselet

Théâtre du Lucernaire
53 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris
du mardi au samedi à 21h, sauf les 16, 18, 25 décembre et 1er janvier
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur
réservation impérative) : 01 45 48 91 10
www.lucernaire.fr

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Adishatz /Adieu »
    Jonathan Capdevielle apparaît seul sur scène et entonne à capella avec son timbre de haute-contre les tubes de Madonna ou, avec l’accent de Tarbes, des chansons de Francis Cabrel, des chants... Lire la suite (18 décembre)
  • A propos des "3 sœurs" et du théâtre à deux vitesses
    Les « Trois sœurs » qu’on peut voir encore jusqu’au 22 décembre à l’Odéon Théâtre de l’Europe a été diversement accueilli. Il y ceux qui ont encensé le spectacle (voir la critique de Micheline Rousselet,... Lire la suite (15 décembre)
  • « Rémi Larrousse, Songes d’un illusionniste »
    Nous rêvons tous. Que nous révèlent nos rêves ? Cauchemars ou fantasmes, que signifient-ils ? Pour certains ils sont prémonitoires, d’autres y voient le rappel d’un passé oublié ou enfoui. Rémi... Lire la suite (14 décembre)
  • « Cap au pire »
    Cap au pire est l’un des derniers textes écrits par Beckett, un texte écrit en anglais et qu’il ne s’était pas résigné à traduire comme s’il avait hésité à se relancer dans ce dédale, un texte destiné à... Lire la suite (13 décembre)
  • « Probablement les Bahamas » de Martin Crimp
    Milly et Franck savourent le confort de leur cottage où s’annonce pour eux une retraite paisible. Ils ont même à leurs côtés pour faire barrage à leur solitude, la présence rassurante d’une étudiante... Lire la suite (13 décembre)