Actualité théâtrale

A la Maison de la Poésie, jusqu’au 7 février 2010

"La ballade de la geôle de Reading" Texte d’Oscar Wilde. Mise en scène de Céline Pouillon

Il convient de souligner, une fois de plus, la remarquable programmation de la Maison de la Poésie, à la fois d’une grande cohérence et d’une belle exigence. Le choix, pour un lieu du centre de Paris, de n’axer son travail que sur les textes poétiques pourrait paraître périlleux. Il suffit de considérer la chaleur des applaudissements à l’issue d’une représentation de cette "Ballade de la geôle de Reading" pour avoir la preuve du contraire et pour saluer encore la volonté tenace de l’équipe de ce lieu qui ne faillit jamais, qui ne dévie jamais du chemin qu’elle s’est tracée.
Il est, au théâtre, des moments qui sont de vraies aventures, tellement passionnantes que même immobiles, elles tiennent en haleine autant qu’une poursuite haletante. Ici, même si les mouvements et les déplacements sont comptés, mesurés, il est impossible au regard, dès lors qu’on l’a posé sur le plateau, de quitter le motif et de se détacher de l’aventure des mots.
Stanislas Nordey, on le savait, est un excellent comédien, sans doute un des plus grands de sa génération. Son jeu si personnel repose sur un phrasé insistant, sur la modestie de celui qui tente de convaincre pour transmettre ce qui l’habite et qu’il juge utile pour la survie et pour le meilleur. Il semble s’adresser à chacun comme un pédagogue modeste, sans cesse rendu au bord du doute…

Oscar Wilde, auteur irlandais connu surtout pour son roman fantastique,"Le portait de Dorian Gray" publié en 1891, fut condamné à deux années de travaux forcés pour homosexualité. Il purgea cette peine à la prison de Reading. Dans "De profundis", une longue lettre qu’il adressa à son amant Lord Alfred Douglas, il raconte les derniers jours de la vie de Charles Thomas Wooldridge condamné à mort pour avoir tué sa femme, par amour.
A sa sortie de prison, Oscar Wilde publie "The ballad of Reading gaol" qui retient l’intérêt et se solde par un succès.
La mise en scène de Céline Pouillon, presque géométrique est rigoureuse. Elle est accompagnée d’éclairages obliques et doux qui privilégient les visages et le balancé des déplacements. Une musique discrète, jamais redondante, donne toute sa profondeur à ce texte qui ne pouvait trouver de meilleurs interprètes.
Magnifique.
Francis Dubois

Maison de la Poésie
Passage Molière, 157 rue Saint-Martin
75 003 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 44 54 53 14
www.maisondelapoesieparis.com

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