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" La bande à Baader " Un film de Uli Edel (Allemagne)- sortie en salles le 12 novembre

Dans les années 70, l’Allemagne est ébranlée par des séries d’attentats à la bombe très meurtriers. A la tête du mouvement radical qui les commande, les noms d’Andreas Baader, Ulrike Meinof et Gudrun Ensslin entrés en lutte contre ce qu’ils considèrent comme un probable retour du fascisme : l’impérialisme américain soutenu par des représentants de l’establishment allemand dont certains membres ont appartenu au mouvement nazi.
Baader, Meinof et Ensslin luttent pour créer une société plus humaine mais les moyens qu’ils utilisent et leur aveuglement sont en contradiction avec leur objectifs.
La violence dont ils font preuve, le sang qu’ils font couler, la panique que leurs actions suscitent les éloignent de toute humanité.
En face d’eux, le Chef de la Police allemande, Horst Herold est un homme mesuré. Il les pourchasse sans relâche mais il sait que les arrestations sont illusoires et que le mouvement qui a des ramifications souterraines, se renouvelle sans cesse….
" La bande à Baader "débute avec les manifestations de juin 2007 déclenchées par la visite à Berlin du Shah d’Iran et par la mort de l’étudiant Benno Ohnesorg abattu par la police.
Scènes de violence saisissantes au cours desquelles les étudiants sont pris à parti par des fascistes sous le regard indifférent des policiers. Le film se poursuit avec le discours contre la guerre du Vietnam de Rudi Dutschke devant des milliers d’étudiants berlinois puis, c’est le premier d’une longue série d’attentats à l’initiative de Andreas Baader et Gudrun Ensslin : l’incendie d’un grand magasin de Francfort pour protester contre le " génocide au Vietnam ".
Le film se limite, avec une efficacité parfois terrifiante, à la réalité des faits. Il parvient, en dépit de scènes insoutenables, à garder le cap d’une reconstitution scrupuleuse, sans jamais tomber dans l’ambiguïté du film de genre. Il souligne les personnalités des trois principaux protagonistes, leur détermination aveugle mais aussi leur touchante fragilité. Ici, pas de héros à qui s’identifier, pas d’intrigue, pas de récit linéaire mais un enchaînement d’événements fidèles à la réalité habilement articulé, rythmé par des parenthèses plus intimistes qui nous laissent apercevoir le voile du doute ou du découragement.

Andreas Baader est-il un sanguinaire, un garçon que l’enchaînement des évènements a hissé au rang de leader ? D’un côté, c’est un personnage charismatique et de l’autre, une sorte de psychopathe survolté. Comment Ulrike Meinhof a-t-elle pu renoncer à son métier de journaliste et à ses deux filles pour s’engager dans le mouvement ? Gudrun Ensslin est sans doute des trois celle qui met le mieux en phase les objectifs et les moyens sanglants de les atteindre.
" La bande à Baader "est la reconstitution exemplaire d’une croisade hystérique, un film qui donne l’occasion de reconsidérer, avec un parti pris de narration réaliste, certaines idées reçues sur l’organisation et les mécanismes d’engagements extrêmes.
Francis Dubois

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