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"Là-bas, il fait froid" un film franco-kurde de Mansur Tural. Sortie en salles le 8 octobre

1925, l’armée turque commet des massacres sur la population d’un village Kurde de Turquie. Une jeune femme est laissée vivante après avoir assisté à l’exécution de son mari et de son fils. 1975, dans ce même village, une jeune femme, Fatima, et son enfant de dix ans Resho, font la connaissance de Salahadine, un étudiant en théologie politiquement engagé avec qui ils sympathisent.
Or, une nuit, Fatima est amenée à héberger chez elle des résistants kurdes.
L’armée turque les découvre et les représailles qui s’ensuivent font basculer la vie du jeune Resho dans l’horreur. L’histoire se répète sous les yeux d’une vieille femme qui a sombré dans la folie après l’assassinat de son fils et de son mari…

A la fin des années 70, le cinéaste Yilmaz Güney révolutionne le cinéma turc en transposant la réalité kurde à l’écran. Avec Le troupeau, Le mur et La permission, il se fait à la fois militant de la cause Kurde et témoin des conditions de vie du petit peuple turc.
A sa mort, le cinéma kurde connaîtra une longue période de silence.
Il n’existe par de cinéma Kurde du Kurdistan. C’est au début des années 90 qu’arrivent en Europe les premiers films kurdes réalisés en Turquie, en Irak ou en Iran. Vingt ans après Yol de Yilmaz Guney, Cannes accueille en 2000 Un temps pour l’ivresse des chevaux du kurde d’Iran Bahman Ghobadi qui obtient la Caméra d’or. Celui-ci revient à Cannes en 2002 avec Les chants du pays de ma mère. Les nombreux prix qu’obtiendra Les tortues volent aussi contribueront à faire reconnaître le cinéma Kurde.
A partir de 1991, le nord du Kurdistan irakien bénéficie d’une véritable autonomie et voit revenir de l’étranger des cinéastes expatriés. Mehdi Umed vient de Stockholm et tourne Rawe Jinoke. Jano Rosebiani des Etats-Unis et tourne Jiyan.
Jusqu’alors, les films Kurdes présents dans une sélection à Cannes concouraient sous les couleurs du pays d’origine. Avec le statut d’autonomie du Kurdistan, un cinéaste comme Hiner Saleem – Passeurs de rêves, Les toits de Paris ou Kilomètre Zéro est aujourd’hui reconnu comme cinéaste de son pays.
Bien que les cinéastes kurdes aient suivi des formations différentes et qu’ils soient issus de culture et de régions différentes, ils restent unis dans les mêmes préoccupations concernant l’oppression des peuples.
Mansur Tural, le réalisateur de Là-bas, il fait froid, vit en France sous le statut de réfugié politique. Après avoir suivi des études de philosophie, il a réalisé quatre courts métrages. Là-bas, il fait froid est son premier long métrage de fiction.
Là-bas, il fait froid est un film âpre, sans concessions et qui, malgré l’horreur de son sujet, ne force jamais l’émotion. Chaque image est utile. Une grande rigueur narrative est de mise. Les comédiens jouent avec force et sobriété cette première œuvre qu’on aurait envie de qualifier d’exigeante et de fière.
Francis Dubois

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