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Un film de Nicolas Bedos (France)

« La belle époque » Sortie en salles le 6 novembre 2019.

Victor, la soixantaine est un homme blasé, revenu de tout, qui n’attend plus grand chose de la vie, qui voit son avenir se boucher chaque jour un peu plus. C’est alors qu’Antoine, inventeur d’une attraction qui mélange artifices théâtraux et reconstitution historique, propose à ceux qui veulent y croire et acceptent de se replonger dans l’époque de leur choix d’entrer dans le jeu. Victor, séduit par l’idée, opte pour son retour sur la semaine la plus marquante de son existence, celle où, quarante ans plus tôt, il rencontre le grand amour.

Cinéma : La belle époque

Thierry Frémaux responsable du Festival de Cannes (où le film a été présenté cette année hors compétition) a parlé, à propos de « La belle époque » de cinéma d’auteur-populaire, une définition qui réjouit le metteur en scène dont l’objectif premier était de marier ensemble un propos et une forme intimes avec une narration de divertissement.

Si le film est une pure fiction, il a une part autobiographique dans la mesure où pour l’écriture, Nicolas Bedos, à travers ce qui survient dans le déroulement du récit, nourrit ses personnages d’émotions qui renvoient à une proximité, une intimité avec le réel.

Pour Nicolas Bedos, le passé est un pays familier et exotique où on peut se replonger en prenant certaines précautions et entre autres, celle de lui donner d’autres ouvertures capables de le déformer légèrement.

Le récit de «  la belle époque » jongle avec de constants va-et-vient entre la réalité, l’imaginaire et entre les époques de la vie de Victor. Il le ferait avec un constant et entier bonheur si le film ne donnait pas parfois l’impression de courir après une efficacité à tout prix avec un montage qui ne laisse pas beaucoup de respiration au récit et des dialogues à la kalachnikov qui ont comme mission de faire mouche à tous les coups.

Cette sorte de hâte sensée tenir en haleine le plaisir du spectateur finit par faire parfois procédé, jusqu’à décrédibiliser une démarche narrative acrobatique et en conséquence, fragile.

Nicolas Bedos est certainement quelqu’un de très attaché au passé au point de faire la part belle à une distribution cohérente où se côtoient des comédiens qui ont marqué les années quatre-vingt et dont la carrière est aujourd’hui un peu débordée par le temps, un Daniel Auteuil très « expressif » débordant de la vitalité qu’exige son personnage, une Fanny Ardant qui donne le change et un Pierre Arditi plus cabotin que jamais.

Mais le plaisir est là, nourri de l’originalité du sujet et de l’obstination sympathique de Nicolas Bedos de sortir victorieux d’une entreprise risquée mais qui au final, répond plutôt bien à la définition qu’en a faite Thierry Frémaux à Cannes où, il est honnête d’ajouter que «  La belle époque » a reçu une ovation lors d’une projection hors compétition.

Francis Dubois

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