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Un film de Hong Sangsoo (France-Corée du Sud)

« La camera de Claire » Sortie en salles le 7 mars 2018.

A Cannes, pendant le festival du film, alors qu’elle a toujours effectué son travail de secrétaire de production avec passion et efficacité, Manhee est subitement remerciée par son employeuse qui l’accuse de malhonnêteté...

Claire sillonne la ville et prend des photos avec un Polaroïd. Elle rencontre Manhee, sympathise avec elle et la photographie.

Claire dont les photos ont un pouvoir magique sur les modèles qu’elle choisit, semble avoir la possibilité de lire dans le passé et le futur de Manhee.

C’est peut-être pour certifier son pouvoir qu’elle décide d’accompagner la jeune fille jusqu’au café où son employeuse lui a annoncé qu’elle était licenciée.

Le moment est venu de mettre à l’épreuve le pouvoir surnaturel des clichés de Claire....

Cinéma : La caméra de Claire

Claire est le motif central du film de Hong Sangsoo qui ressemble à un puzzle de photos ouvrant sur d’infinies possibilités narratives.

La trame de « la camera de Claire  » est tout à la fois d’une grande simplicité et d’une extrême complexité.

On peut y voir ce que les images donnent à voir et pas plus. Mais on peut, si l’on veut, découvrir toutes les strates de la construction d’un récit beaucoup plus complexe.

Le nouveau film de Hong Sangsoo révèle à sa façon le mystère que peut révéler le simple quotidien. Les personnages semblent venir de nulle part et sont à la fois transparents et mystérieux.

Si on ne sait pas pourquoi Manhee, qui paraît un être irréprochable, a été licenciée, on en connaîtra la raison de façon accidentelle au cours d’un fortuit entretien entre la jeune fille et le réalisateur So Yinyoung. On devinera à travers les propos d’homme jaloux de So Yinyoung qu’il s’est passé quelque chose entre et les deux. Et comme le metteur en scène est le compagnon officiel de l’employeuse de Manhee on est renvoyé à la réaction brutale et injuste qu’a pu avoir une femme trompée.

Mais ce qui apparaît en premier dans « La camera de Clair e », c’est la légèreté et la liberté du récit.

Et c’est à cette « ronde » de liberté et de légèreté que participent peut-être plus que les personnages, les comédiens qui les interprètent à la faveur d’une légère et savoureuse distanciation du jeu.

En tête, Isabelle Huppert qui dès lors peut compter sur Hong Sangsoo pour la sortir de ses personnages de femme de tête avec uniforme adéquat où elle sombre depuis quelque temps et qui donne ici une composition malicieuse où elle excelle.

Kim Minhee lui emboîte le pas en laissant la fantaisie de son personnage empiéter sur le côté pathétique de son histoire cannoise.

Certains taxeront «  La camera de Claire  » de cinéma insignifiant, d’œuvre légère ne fonctionnant sur aucun ressort dramatique au sens cinématographiquement traditionnel du terme.

Et pourtant, à y regarder de plus près, on découvre dans cette histoire (ou absence d’histoire) tous les éléments des petits drames « ordinaires » de la vie et tout le charme du cinéma singulier de Hong Sangsoo.

Un bain de trouble, de délicatesse et de fantaisie ...

Francis Dubois

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