Actualité théâtrale

Maison de la Poésie Paris, jusqu’au 22 mai 2011

"La chute de la maison Usher" d’Edgar Allan Poe

Un jeune homme répond à l’invitation d’un ami d’enfance qui l’invite à faire un séjour dans la maison familiale où il vit cloîtré en compagnie de Madeline, sa sœur jumelle, atteinte d’une mystérieuse maladie.
A mesure qu’il approche de l’habitation, d’étranges sentiments et sensations occupent l’esprit du narrateur qui trouveront un écho avec les occupations quotidiennes où, pour lutter contre la mélancolie ambiante, Roderick l’entraîne. Ainsi, ils inventeront des chansons, composeront d’étranges dessins et s’adonneront à la lecture d’ouvrages ésotériques.

© E. Carecchio

A la mort de Madeline, le récit de Poe tourne au fantastique et la maison devient une entité vivante et peut-être même un véritable personnage.
Le spectacle que propose Sylvain Maurice à partir de la nouvelle d’Edgar Allan Poe tient à la fois du théâtre, du concert et de l’installation plastique.
Il est composé de deux temporalités différentes : le récit du présent au cours duquel le narrateur raconte son arrivée à la maison Usher et celui d’un passé qui se matérialise par des fragments d’images. Mais insensiblement les deux temporalités communiquent entre elles et l’espace temps évolue, mêlant l’un et l’autre jusqu’à ce que le passé révolu passe à l’état du présent..
L’installation scénique, entre concert et performance, devient dans la deuxième partie du spectacle, une scénographie plus figurative et référentielle et le décor se met à figurer plus distinctement la maison.
Sylvain Maurice s’est émancipé de Poe avec, entre autres, des chansons de Laure Bonnet qui se rapportent à chacun des personnages et les musiques du jazz man Alban Darche qui constituent un continuum musical..
On connaissait le conte noir qu’était la nouvelle de Poe sensé réveiller nos terreurs enfantines et malgré les digressions où s’égare parfois la mise en scène, notamment avec des jeux de lumières trop appuyés, le spectacle demeure une adaptation fidèle au récit originel.
On peut ajouter ce spectacle à l’actif et au sans faute de Claude Guerre et son équipe qui auront su conduire depuis maintenant quatre saisons, une programmation rigoureuse et cohérente qui donne à ce lieu magnifique une belle singularité
Francis Dubois

Maison de la Poésie Passage Molière 157 rue Saint-Martin Paris 3ème
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 44 54 53 00 www.maisondelapoesieparis.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • Alain Paris chante les fables de La Fontaine
    Est-ce l’horaire ? Est-ce le lieu très excentré près des remparts de l’Oulle ? Il y avait peu de monde pour ce joli spectacle et c’est bien dommage. Alain Paris chante les fables de La Fontaine,... Lire la suite (17 juillet)
  • Beaucoup de bruit pour rien
    La modernité de cette pièce écrite en 1600 est saisissante. Elle est accentuée par la mise en scène intelligente de Salomé Villiers et Pierre Hélie. L’action est placée dans un cadre qui évoque tout... Lire la suite (8 juillet)
  • « Dévotion, dernière offrande aux dieux morts »
    Clément Bondu, écrivain, poète, musicien et metteur en scène en résidence aux Plateaux Sauvages signe le texte et la mise en scène de ce spectacle dont il nourrissait le projet depuis plusieurs années... Lire la suite (3 juillet)
  • « Comment ça va ? »
    Cette question appelle toujours ou presque la même réponse « Bien » ! Pourtant quand on est une comédienne qui vient d’avoir cinquante ans, qu’on a un mari informaticien au chômage et un fils adolescent... Lire la suite (26 juin)
  • « 107 ans »
    Simon a tout de suite aimé Lucie quand il l’a rencontrée dans la cour de récréation et qu’elle lui a parlé de Jane Austen. Simon, assis à une table devant une feuille de papier, se souvient de Lucie qui,... Lire la suite (26 juin)