Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film écrit et réalisé par Julie Delpy (France)

"La comtesse" Sortie en salles le 21 avril

Lorsque meurt son mari, vaillant officier et prestigieux guerrier, la Comtesse Ersébet Bàthory se retrouve à la tête d’une immense fortune. Elle suscite à la fois admiration crainte et haine quand elle devient la femme la plus puissante de Hongrie. Mais celle à qui le Roi demande son aide pour lutter contre les Turcs, a, contre toute attente, la faiblesse de s’éprendre d’un séduisant jeune homme. L’idylle sera aussi passionnée que brève. Certaine d’avoir été délaissée pour une rivale plus jeune, la Comtesse découvre, dans la folie qui la gagne, un remède à son vieillissement : le sang de jeunes vierges. Les rancunes à son égard ressurgissent et elle sera accusée d’avoir commandité, pour recueillir leur sang salvateur, l’assassinat de six cents jeunes filles.
Julie Delpy qui en est à sa troisième réalisation, avait réussi en 2007, une comédie attachante qui connut un succès à la fois critique et public, "2 days in Paris".
Si des esprits chagrins émettaient des réserves sur les qualités cinématographiques de "La comtesse", elles ne pourraient certainement pas porter sur le fait que ce troisième film ressemblerait au second. En faisant revivre l’histoire de l’aristocrate hongroise née en 1560, elle est à l’opposé de l’histoire du couple contemporain américain dont elle narrait les aventures parisiennes dans "2 days in Paris".
Aucune parenté n’existe entre les deux films et si Julie Delpy interprète, dans l’un et l’autre, le rôle de l’héroïne, elle est méconnaissable dans "La comtesse". La pimpante ex parisienne vivant aux Etats-Unis de passage à Paris s’est transformée en une femme inflexible, cruelle et sanguinaire avec une efficacité de jeu, une présence qui révèlent une superbe comédienne.
La comtesse a-t-elle effectivement sombré dans la folie et vidé de leur sang d’innocentes jeunes filles pour s’assurer une jeunesse éternelle ou bien a-t-elle été victime d’une conspiration conduite par l’Empereur Rodolphe II et par son successeur Mathias qui avaient intérêt à l’évincer pour effacer une dette dont la couronne lui était redevable ?
Les thèmes que le film aborde, la vanité, la jeunesse, le pouvoir, la religion, l’amour, la place des femmes dans une société d’hommes sont développés au fil d’ une narration à la fois soucieuse de respecter une part de la vérité historique à laquelle s’ajoute une fiction crédible, étayée par la légende qui entoure le personnage d’ Erzsébet qu’on a associé à Dracula.
Julie Delpy n’élude pas le fait que la Comtesse ait pu être une meurtrière mais elle a voulu la montrer aussi comme une rêveuse romantique, une amoureuse passionnée, terrifiée par la mort, intelligente mais incapable de comprendre sa propre folie…
Avec "La comtesse" Julie Delpy a joué la carte de la sobriété. Son film est d’une beauté plastique et d’une rigueur qui, au lieu de les atténuer, exacerbent les élans amoureux extrêmes et les sentiments d’un personnage tout en contrastes, venimeux et troublant.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Nuits magiques »
    Lorsqu’un producteur de films de renom est retrouvé mort au fond du Tibre, les premiers à être soupçonnés du meurtre sont les trois apprentis scénaristes qu’il avait rencontrés au cours d’un dîner et qui... Lire la suite (15 août)
  • « Perdrix »
    Pierre Perdrix est la capitaine de gendarmerie d’une petite ville de l’est de la France. Il coulait des jours calmes auprès de sa brigade jusqu’à ce qu’arrive dans sa vie l’impétueuse et insaisissable... Lire la suite (15 août)
  • « Paris est toujours Paris »
    Coproduction franco-italienne où les deux pays intervenaient à égalité, ce qui est rare, le film de Luciano Emmer réalisé en 1951 a bénéficié d’une belle restauration et sortira sur les écrans le 14 août.... Lire la suite (12 août)
  • « Ricordi ? »
    Elle et lui se sont rencontrés à une fête, se sont tout de suite aimés et promis un amour sans failles. C’est une belle et grande histoire d’amour qui se raconte après coup, à travers les souvenirs... Lire la suite (30 juillet)
  • « Halte »
    C’est par hasard, en assistant à une scène de rue qui réunissait un groupe de personnes écoutant attentivement et respectueusement un « Socrate » en la personne d’un vieil homme qui en présentait toutes... Lire la suite (29 juillet)