Actualité théâtrale

au Théâtre du Rond-Point, jusqu’au 30 Janvier 2011, puis en tournée

"La conférence" de Christophe Pellet Conception et interprétation Stanislas Nordey

Alors qu’il s’était juré de ne plus jamais frayer avec la "société théâtrale française", un homme, ex théâtreux exilé à l’étranger, a finalement accepté de donner une conférence dans un Centre dramatique national. Il a eu autrefois son moment de reconnaissance mais depuis un certain temps, il se trouve sur la touche.
Après un long séjour à Berlin, il est de retour en France pour une unique intervention. Marie-Jo, responsable culturelle pervertie par le système qui l’a invité, ne prendra même pas la peine d’assister à son discours public.
L’état des lieux de la culture en France que dresse Thomas Blanguernon n’est pas brillant ! Les responsables des Centres culturels sont devenus des entrepreneurs qui ont laissé de côté leur mission de création et le voilà, pour se voir confirmer que la culture en France est infestée et écervelée, qui court de théâtre en théâtre, comme un poulet sans tête…
L’Etat français et l’esprit français ont, au fil du temps, réduit à la pauvreté et au mercantilisme la pratique théâtrale nationale. Celle-ci s’est fourvoyée dans des enjeux mesquins et des entreprises flemmardes.
Thomas Blanguernon est-il sous le coup d’une terrible amertume et à travers son discours règle-t-il des comptes avec ceux qui l’ont écarté du paysage théâtral au point qu’il a été obligé de s’exiler ? Ou bien son propos est-il le reflet exact de la situation culturelle actuelle en France, le constat d’une dérive qui n’a cessé de se préciser depuis le début des années 2000 et le pourrissement de la lutte pour la défense du statut des intermittents du spectacle.
Le texte de Christophe Pellet est à la fois pathétique et drôle et Stanislas Nordey le défend avec émotion, conviction et toute la fragilité de l’énergie.

Photo Giovanni Cittadini

On a ici la confirmation que ce comédien à la silhouette juvénile a repris un flambeau. Il y a chez lui quelque chose du romantisme d’un Gérard Philipe ou de la force d’un Terzieff. Mais là où ceux là se révélaient dans les grands rôles du répertoire classique, lui trace un sillon modeste à travers des textes rares de Falk Richter, Fausto Paravidino, Gabilly, Pasolini ou Oscar Wilde.
Il faut aller saluer cet artiste singulier au théâtre du Rond-Point.
Francis Dubois

Théâtre du Rond Point 2 bis avenue Franklin Roosevelt 75 008 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 44 95 98 21
www.theatredurondpoint.fr

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