Actualité théâtrale

A la MC93 de Bobigny, jusqu’au 28 mars

"La contrebasse" Un texte de Patrick Süskind. Mise en scène de Natascha Rudolf

"La contrebasse" était un texte que Patrick Süskind écrivit pour la radio alors qu’il était totalement inconnu. Depuis, le texte a fait son chemin. Il a été traduit dans une vingtaine de langues. Il a été vu au théâtre par un nombre impressionnant de spectateurs, lu par d’innombrables lecteurs.
Des acteurs célèbres et des inconnus l’ont interprétés sur des scènes publiques autant que sur des scènes privées.
"La contrebasse" est, selon le terme choisi par Natascha Rudolf, un mono drame ayant comme héros un musicien anonyme, sorte d’artiste fonctionnaire relégué au troisième pupitre d’un orchestre classique.
Seul dans sa chambre dont l’instrument encombrant occupe une grande partie de l’espace, il attend l’heure de se rendre au travail et pour meubler le temps au bout duquel rien ne se produira pour lui de palpitant, il boit de l’alcool, pince ses cordes pour quelques morceaux de bravoure qui lui sont interdits lorsqu’il est dans la fosse.

© Dan Aucante

L’homme revient inlassablement sur ses rêves brisés, sur la modestie de son existence, sur son petit alcoolisme et sur l’instrument dont il joue, qu’on entend que lorsqu’il a cessé de jouer et auquel il est attaché professionnellement mais aussi affectivement.
C’est un texte noir à l’humour grinçant sur la condition des artistes de l’ombre, sur la solitude, sur une existence sans perspective.
Mais c’est sa drôlerie et l’interprétation mettant en valeur cet aspect du texte par Jacques Villeret qui fit le succès de "La Contrebasse" sur les scènes en France.
Sur la scène Christian Bourgois de la MC 93, les moments drôles sont respectés et l’on sourit souvent, mais la priorité est donnée au strict contenu du texte allant de la haine à l’amour porté à l’instrument partenaire et à celui, passionné et désespéré porté à l’objet aimé, l’indifférente cantatrice si lointaine, à la fois source de bonheur et d’abandon nostalgique…
Il y a dans l’interprétation complexe d’Hubertus Biermann quelque chose de pathétique qui fait penser à un animal en cage.
Francis Dubois

MC 93 Bobigny 1, Boulevard Lénine 93000 Bobigny
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 41 60 72 72
www.MC93.com

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