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Un film de Patricio Guzman (Chili-France)

« La cordillère des songes » Sortie en salles le 30 octobre 2019.

La Cordillère des Andes avec ses plus de sept mille kilomètres de long s’étend sur différents pays de l’Amérique du Sud. Elle traverse le Vénézuela, la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, l’Argentine et le Chili.

Le Chili où le soleil, quand il se lève, a dû avant de se montrer, gravir des collines, des parois, des sommets avant d’atteindre la pierre des Andes. Mais la Cordillère qui couvre quatre vingt pour cent de la superficie du pays, reste souvent, pour les Chiliens, une terre inconnue .

Après être allé au nord pour la «  Nostalgie de la lumière  » puis au sud pour «  Le bouton de nacre », Patrizio Guzman a voulu filmer de près cette immense colonne vertébrale qu’est la Cordillère des Andes pour tenter d’en dévoiler les mystères et mieux aborder, avec les zones d’ombre qu’elle comporte, l’histoire passée et récente du Chili.

Cinéma : La cordillère des songes

Depuis les images colossales, impressionnantes de la chaîne de montagnes, Patrizio Guzman glisse progressivement sur une suite d’arrêts sur images contrastées qui relatent l’histoire tour à tour chargée d’espérances, de déceptions, d’épisodes cruels que le pays a connus, depuis l’avènement en 1970 de Salvador Allende et la nationalisation des mines de cuivre et autres richesses du désert jusqu’à un retour à la droite dure avec l’élection en 2018 de Sebastian Pinera à la tête du pays.

Malgré sa destitution, son arrestation à Londres par la justice internationale en 1998 pour faits de génocide, de terrorisme et de torture, détournements de fonds publics et cinq cent jours de détention au Royaume Uni, l’élection de Michèle Bachelet, socialiste et première femme présidente au Chili, le pays ne vivrait-il pas, encore aujourd’hui, sur l’héritage de Pinochet ?

Les mines de cuivre qui avaient été nationalisées au moment de l’avènement à la tête du pays de Salvador Allende sont maintenant exploitées par des puissances étrangères et échappent à l’économie du pays renvoyé à la pauvreté.

Patrizio est un poète qui porte un regard réaliste sur l’état de son pays et son film est à la fois un poème d’amour et de souffrance. Les images de la Cordillère des Andes qui constituent l’ouverture de son film sont magnifiques mais il s’en dégage une impression d’étrangeté, d’inquiétude comme un endroit qui serait hanté.
A ces images succèdent des images d’archives montrant un peuple passé très près d’une vraie démocratie.

Quatre « témoins de leur temps » interviennent à l’image : Pablo Salas qui, depuis les années quatre-vingt filme infatigablement depuis les exactions du régime de Pinochet jusqu’aux soubresauts contemporains du Chili.

Jorge Baradit, un auteur à succès de fictions et d’ouvrages historiques parmi lesquels des livres sur le Chili qui propose une réflexion sur l’histoire récente du pays.

Vincent Gajardo propriétaire par héritage d’une carrière, il transforme la pierre issue de la montagne en œuvre d’art.

Francisco Gazitüa qui, dans son atelier situé au pied des Andes, travaille la pierre et le métal.

Un témoignage pathétique et prémonitoire

Francis Dubois

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