Actualité théâtrale

La reine Blanche, scène des arts et des sciences, jusqu’au 29 octobre 2017.

« La danse de mort » d’August Strindberg . Mise en scène de Stuart Seide.

Dans une citadelle, sur une île de garnison, vivent reclus dans un décor gris un officier intègre et autoritaire et sa femme, Alice, une ancienne actrice qui a laissé derrière son passé et dont les compagnes d’autrefois sont devenues célèbres.

Au moment où le couple qui semble s’être coupé de toute vie sociale a le projet de fêter ses noces d’argent, débarque chez eux Kurt. une ancienne connaissance. Est-il un cousin ? Fut-il un proche ? Un ami, un amant ?

Le trio, un fois réunit ranime de vieilles braises et se livre à une « danse » effrénée qui se partage entre la comédie et la tragédie : folie « ordinaire », souffrances et petits arrangements...

Le jeu de massacre qui s’engage et qui révèle le couple à lui-même est débordant de férocité et de mauvaise foi.

Entre amour et haine, est-il effroyable ou cruel, grotesque, tragique ou risible ?

Théâtre : la danse de mort

Dans la pièce de Strindberg qui traite de « l’expérience de la mort », la « danse » du titre signifie le mouvement rituel de la répétition, du ressassement...

Les personnages semblent s’agiter pour combler un vide, faire face au temps qui passe et à l’accumulation des échecs et frustrations qui ont jalonné leur existence.

Les relations fortes qui ont marqué la vie du couple, l’amour qu’ils ont éprouvé l’un pour l’autre s’est -il transformé en haine ou bien la menace de la mort les met-elle dans un état tel qu’il ne leur reste plus, pour survivre qu’à échanger des répliques assassines ?

Le moment est-il pour les protagonistes celui des règlements de compte avec eux-mêmes et avec les autres, l’un et les autres responsables du remords qui les taraude d’avoir sacrifié à la réussite illusoire de leur union, les rêves et les ambitions de leur jeunesse.

L’arrivée de l’ami, si elle apporte dans un premier temps un nouveau souffle inespéré à leur vie, va révéler la folie du couple et exacerber leur détestation l’un pour l’autre.

La lecture du texte qu’a fait Stuart Seide de la sombre et jubilatoire pièce de Strindberg est tout à la fois stylisée et pointilleuse. Elle entraîne les comédiens dans des partitions fortes et contrastées, dans des revirements d’interprétation qui font de leurs personnages les maîtres de jeu de leur destin.

La mise en scène est menée avec une précision d’orfèvres et les trois comédiens sur scène sont parfaits...

Francis Dubois

Théâtre La Reine Blanche 2 bis passage Ruelle 75 018 Paris

Réservations 01 40 05 06 96 / reservation@reineblanche.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Ruy Blas »
    Cet été le château de Grignan se met à l’heure de l’Espagne du XVIIème siècle pour accueillir le drame romantique de Victor Hugo. La reine d’Espagne vient d’exiler Don Salluste qui a déshonoré une de ses... Lire la suite (21 juillet)
  • La nuit juste avant les forêts
    Tout d’abord, il y a le texte, dur, puissant, superbe, qui résonne fortement avec l’actualité. Et pourtant, Bernard-Marie Koltes l’a écrit et fait représenter dans le Off d’Avignon en 1977. Il ne sera... Lire la suite (20 juillet)
  • Alain Paris chante les fables de La Fontaine
    Est-ce l’horaire ? Est-ce le lieu très excentré près des remparts de l’Oulle ? Il y avait peu de monde pour ce joli spectacle et c’est bien dommage. Alain Paris chante les fables de La Fontaine,... Lire la suite (17 juillet)
  • Beaucoup de bruit pour rien
    La modernité de cette pièce écrite en 1600 est saisissante. Elle est accentuée par la mise en scène intelligente de Salomé Villiers et Pierre Hélie. L’action est placée dans un cadre qui évoque tout... Lire la suite (8 juillet)
  • « Dévotion, dernière offrande aux dieux morts »
    Clément Bondu, écrivain, poète, musicien et metteur en scène en résidence aux Plateaux Sauvages signe le texte et la mise en scène de ce spectacle dont il nourrissait le projet depuis plusieurs années... Lire la suite (3 juillet)