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Un film de Joseph Morder (France)

"La duchesse de Varsovie" Sortie en salles le 25 février

Valentin est un jeune peintre qui est en train de se perdre dans le monde imaginaire de ses tableaux. Lorsqu’elle le retrouve, sa grand-mère Nina, une émigrée juive polonaise, n’a plus qu’à constater son degré de mélancolie et son incapacité à retrouver l’inspiration.
Au bout de quelques jours passés ensemble dans un Paris rêvé, Valentin exprime de plus en plus son besoin d’en savoir plus sur un passé que Nina s’est toujours refusée à dévoiler.
Elle finira par sortir d’un tiroir un vieux cahier. Celui, où tout au long de ses années de déportation, elle a noté l’horrible quotidien qui était le sien et celui d’Eva, une compagne qui l’a aidée à survivre.
culture/cinéma
Claude Lanzmann a toujours estimé que représenter la Shoah était du domaine de l’indicible, une conviction que partage avec lui Joseph Morder.
Quels moyens utiliser pour revenir sur ces épisodes de l’histoire et comment respecter le devoir de mémoire, lorsque les derniers témoins auront disparu ?

Joseph Morder, cinéaste d’origine juive polonaise qui a passé une grande partie de son enfance en Equateur, a été nourri de cinéma hollywoodien et ses références sont notamment les films américains tournés dans un Paris fantasmé tels "Un américain à Paris" ou "Gigi" de Vincente Minnelli.
Le Paris où vont se retrouver la grand-mère et son petit-fils est entièrement (intérieurs et extérieurs) constitué de toiles peintes.
Ici, le travail des peintres et décorateurs est remarquable. Du trompe-l’œil auquel s’ajoutent des éléments de décor réels (sièges, tables ou accessoires factices repeints pour s’intégrer aux toiles) se dégage une vraie poésie, de très belles atmosphères.
Et les deux seuls comédiens du film (retour à saluer d’Alexandra Stewart toujours aussi belle et Andy Gillet qui fut de la dernière mise en scène d’Eric Rohmer, "Les amours d’Astrée et de Céladon") évoluent avec un naturel qui convient dans des décors peints, en présence de personnages de carton-pâte qui, parfois, leur donnent la réplique, hors-champ.

Dans la dernière partie du film, celle au cours de laquelle la grand-mère révèle son passé douloureux à son petit-fils, tout décor disparaît et n’apparaît plus à l’écran que le visage de Nina sur fond noir, empreint de la difficulté et de sa douleur à raconter.
Avec "La Duchesse de Varsovie" de Joseph Morder, "Nuits blanches sur la jetée" de Paul Vecchiali, "Kommunisten" de Jean-Marie Straub, il semblerait que la vieille (ou à peine moins vieille) garde du cinéma français, joue les prestidigitateurs et sort de son chapeau des œuvres singulières, novatrices, talentueuses et inattendues.

On en redemande !
Francis Dubois

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