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Un film d’Anja Marquardt (USA)

"La femme de compagnie" Sortie en salles le 22 juillet 2015

Ronah achève des études de psychologie. Elle se destine à la profession d’assistante sexuelle. En attendant, elle prépare un Master et prend en charge les clients qu’on lui propose.
culture/cinéma Son travail auprès d’eux consiste à les sortir d’une timidité maladive ou de la difficulté qu’ils ont à arriver à un contact physique, à se familiariser avec une présence féminine.
Le pari engagé n’est pas gagné. Il se peut qu’il prenne une tournure dangereuse. Il se peut aussi que le patient se prenne au jeu de l’amour. Autant de risques qui incombent à une jeune femme fragilisée par le cours ordinaire de sa vie de célibataire, par des préoccupations domestiques, autant que par ses projets lointains d’acquérir une maison et d’avoir un enfant. Le film d’Anja Marquardt trace le parcours "sur le fil" d’une jeune femme peu armée pour faire face aux difficultés de la profession à laquelle elle se destine.

C’est la confrontation de la force apparente de la praticienne et de la réelle fragilité d’une jeune femme ordinaire et seule, qui fait tout l’intérêt de "La femme de compagnie".
Anja Marquardt a ciselé la construction de son film en jouant sur les deux faces contrastées de son personnage et sur la difficulté pour Ronah de définir la ligne de frontière entre l’exercice ayant pour but le rapprochement de son corps avec celui de son client, et une implication plus profonde qui pourrait survenir.
La limite entre la technique et le plaisir charnel est mince. Elle sera d’autant plus difficile à définir que Ronah sera confrontée à un patient au charme duquel elle n’est pas totalement insensible. Or, dans son scénario, la réalisatrice semble avoir à tout prix voulu éviter de faire de cette rencontre une histoire d’amour. Il ne lui restait plus qu’à traiter, au lieu d’étreintes passionnées, une scène de destruction douloureuse…

Cette rencontre qui trouvera son issue dans une scène de violence sexuelle va faire basculer le récit. En faisant passer Ronah dans le camp de la patiente, elle ouvre sur la dualité d’un personnage ouvert à autrui, attentionné à l’égard de ses clients, mais qui veut protéger son identité.
Le film d’Anja Marquardt fait la lumière sur la profession mal connue d’assistant sexuel, sur la complexité de la démarche qui ne comporte pas comme protagonistes, qu’un thérapeute et un patient. Car à ce duo s’invite le partenaire de substitution qui reste un partenaire potentiel.

Anja Marquardt s’est totalement impliquée dans son premier long métrage. Elle y a endossé les postes de réalisatrice, de scénariste, de productrice et de monteuse. Sera-t-elle payée en retour avec la reconnaissance du public ?
Souhaitons à son film qui sort en pleines vacances d’été, une exploitation sur la durée.
Francis Dubois

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