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Un film de Danic Tanovic (Bosnie-Slovénie-France)

"La femme du ferrailleur" Sortie en salles le 26 février 2014.

Nazif, sa femme Senada et leurs deux fillettes vivent pauvrement dans un petit village de Bosnie. Nazif est ferrailleur et chaque jour, il lui faut aller à la recherche d’une carcasse de voiture ou de bouts de métaux dans des décharges pour que leur habitation soit chauffée et qu’il y ait de quoi garnir les assiettes.

Lorsque Senada tombe malade, que l’enfant qu’elle portait meurt dans son ventre, faute de couverture sociale, elle ne peut être admise à l’hôpital.

Chaque jour qui passe aggrave son état de santé. Il faudra la solidarité de tous pour qu’elle soit tirée d’affaire in-extremis et que la vie de la famille reprenne.

En 2011, au moment de Noël, Danis Tanovic a pris connaissance par un article d’un journal local, des difficultés qu’avait eues une femme en danger de mort à se faire soigner dans un hôpital.

Il est rentré en contact avec la famille avec en tête le projet de faire un film de leur histoire.

Très vite, il lui a paru évident que la seule manière de réaliser ce film était que Nazif, Semada, les deux fillettes et les cousins jouent leurs propres rôles.

Avec une aide du Fonds bosniaque, il a réuni une équipe réduite composée d’amis qui avaient participé à ses films précédents.

Le film a été tourné en 9 jours, en lumière naturelle, sans maquillage et sans costumes.

Chaque scène est une première ou une deuxième prise car, à partir de la troisième, les protagonistes commençaient à vouloir "jouer" et cette spontanéité de jeu qui était nécessaire au film n’existait plus.

Il n’y aucun pathos dans le film de Danis Tanovic. Il ne filme pas des personnes pathétiques mais des êtres dignes et aimants, des fillettes pleines de vie, un homme courageux et déterminé, une femme résignée ; des gens qui appartiennent à la minorité des roms, habitués à vivre une vie de discrimination et d’aliénation face à une société qui se détourne de ceux qui n’ont aucun droit.

La réalisation qui adhère au courage ou au fatalisme des personnages ne va jamais sur le terrain du misérabilisme.

L’énergie, le goût de la vie, la force d’aimer font de ce film une œuvre puissante.

Francis Dubois

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