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Un film d’Agathe Teyssier (France)

"La femme invisible" Sortie en salle le 22 juillet

Au début, Lili croit qu’on ne la voit pas parce qu’elle appartient à la catégorie des gens effacés, de ceux qui dans un groupe, passent inaperçus, n’attirent pas le regard. Elle croit cela jusqu’au moment où elle doit se rendre à l’évidence : elle est parfois, et de plus en plus souvent, bel et bien invisible, autrement dit complètement transparente, absente au regard des autres. Et les moments où elle redevient visible n’en sont, pour elle, que plus inconfortables. Elle n’aurait plus d’autre choix que celui de se réfugier dans la solitude et la dépression si…
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Pour son premier film, Agathe Teyssier n’a pas fait un choix facile : faire passer pour invisible aux yeux de ceux qu’il côtoie un personnage visible par le spectateur et rendre l’invisibilité plausible. Et c’est une preuve de grand talent que d’avoir relevé ce défi avec autant de simplicité. Elle prend son sujet de front, sans avoir recours au moindre effet, avec une légèreté de comédie qui petit à petit fait tomber tous les dangers qui guettaient ce sujet complexe.
Car si Lili, réelle et présente, est invisible aux yeux des autres, des personnages qui devraient eux être invisibles deviennent visibles, ainsi ses trois aïeules qui vont l’accompagner dans l’épreuve, ainsi elle-même enfant dont les apparitions complices vont l’éclairer et lui apporter un réconfort.
C’est ainsi que cohabitent dans cette comédie avec le plus grand naturel, jouant avec leur transparence, des fantômes, des cas pathologiques extrêmes, des gens dits normaux et l’enfant que Lili a été.
Et quand le psychiatre chercheur en invisibilité rentre dans la ronde de tous ces personnages, sans perdre une once de sa crédibilité de praticien, on n’a plus qu’à se laisser porter par autant de finesse, de subtilité, d’intelligence et de sympathique audace…
Julie Depardieu porte le personnage de Lili avec autant de vitalité que d’effacement, avec autant de force que d’hésitations, de drôlerie que de pathétique. Elle est resplendissante, elle est terne. Elle se montre, elle se cache… Merveilleuse comédienne, elle est accompagnée d’une kyrielle d’autres, tous au diapason, de Charlotte Rampling en assistante du chercheur, drôle dans le décalage et le contre emploi, à Micheline Dax en passant par le trio des aïeules, Annick Alane, Ginette Garcin et Josiane Lévèque merveilleuses de fraîcheur et de complicité jusqu’à Jeanne Balibar qui, dans une scène très courte nous donne à voir l’irrésistible incarnation d’une Fantômette branchée complice de cette nouvelle venue dans la galerie des super-héros, la femme invisible…
Après le très réussi "Le plaisir de chanter" de Ilian Chen-Duran, l’irrésistible "Fais-moi plaisir" d’Emmanuel Mouret, voici en quelques mois, une troisième comédie française réussie qui pourrait séduire un public montrant en ce moment, un net penchant pour le divertissement. Ce n’est ni insistant, ni lourd, ni redondant et pourtant, c’est irrésistible et le (fou) rire est garanti.
Francis Dubois

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