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Un film de Cheyenne Carron (France)

"La fille publique" Sortie en salles le 12 juin 2013

Agnès et Jean-Pierre ont été la famille d’accueil à laquelle ont été confiées Yasmeen et Imane, deux sœurs abandonnées par leurs parents biologiques à l’âge de trois mois et un an. Entre-temps, le couple a eu un garçon, François et il a adopté Esteban, un enfant sourd, originaire du Guatemala, qui s’est parfaitement intégré au reste de la famille.

Yasmeen n’a qu’une idée en tête : être officiellement adoptée par le couple qu’elle considère comme ses seuls parents et auxquels elle voue un amour fort et sincère.

Imane elle, demande des délais de réflexion avant de s’engager.

La situation d’attente ne convient pas à Yasmeen qui, par bravade, commet des fautes que la DASS répertorie : déscolarisation, fugues, insolences…

L’adoption est sur le point d’aboutir quand, au bout de dix-sept ans de silence, la mère biologique des deux sœurs sort de l’ombre et revendique ses maternités.

Avec "La fille publique", Cheyenne fait le récit de sa propre histoire et la part d’authenticité du scénario est palpable d’un bout à l’autre.

Elle a trouvé en la personne de la comédienne Doria Achour(une inconnue qui ne devrait pas le rester longtemps) une interprète formidable et la complice idéale.

Le personnage de Yasmeen est très complexe et il fallait une actrice de haute volée pour qu’à aucun moment, le personnage, constamment pris dans ses contradictions, ne donne priorité pas plus à son amour débordant pour sa famille d’adoption qu’à son côté sale gosse qui, à tout instant, flirte avec la révolte et la délinquance.

Doria Achour porte à bout de bras son personnage et lui donne une étonnante réalité, une crédibilité qui ne se dément jamais.

Yasmeen est une jeune fille à vif, une écorchée vive, prête à tout pour arriver à atteindre son but. Elle est prête à se faire baptiser puisque ses parents adoptifs sont catholiques. Elle est prête à toutes audaces, à prendre tous les risques, quitte à mettre au point mort tout ce qui devrait préoccuper une jeune fille de son âge, les fringues, les petits copains etc…

Et c’est cet acharnement du personnage, cette volonté reconduite d’un bout à l’autre du récit avec le même force, la même détermination, qui donnent au film sa consistance et en font une œuvre aussi forte.

En se servant de sa propre histoire, Cheyenne Carron savait parfaitement où elle allait. Et c’est la force de la sincérité, de l’authenticité, qui l’autorise à multiplier les démonstrations d’amour de Yasmeen pour ses parents jusqu’à la saturation des sentiments, jusqu’aux plus extrêmes limites du possible.

Les autres interprètes sont tous parfaits mais on n’est pas prêts d’oublier, lisible dans le regard troublant de Yasmeen, cet intime mélange de tendresse et de révolte, de détermination et de fragilité.

Francis Dubois

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