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Un film de Philippe Diaz (USA)

"La fin de la pauvreté" Sortie en salles le 16 décembre

Plus d’1 milliard de personnes dans le monde vivent avec moins d’un dollar par jour.
2,7 milliards tentent de survivre avec moins de 2 dollars.
Pourquoi avec tant de richesses dans le monde, y a-t-il encore tant de pauvreté ? Les véritables causes ne viendraient-elles pas de la gestion des pays riches qui, depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, exploitent les plus pauvres.
Le colonialisme, ses séquelles et ses conséquence sont en cause : appropriation des terres, exploitations exclusives des richesses naturelles, dette, néolibéralisme, course à la croissance et existence d’un système économique où 25% de la population mondiale utilise 85% des richesses.
Aujourd’hui le colonialisme existe toujours mais sous des formes plus sournoises. Des décennies après l’indépendance proclamée de leurs pays et de la soit disant mise en place de régimes démocratiques, les populations n’ont toujours pas récupéré les terres dont ils avaient été dépossédés. Ce qui les contraint à travailler pour de nouveaux maîtres et les plonge dans une situation proche de l’esclavage. Aujourd’hui on évalue de 60 à 80 millions, le nombre des personnes exploitées qui travaillent dans les plantations ou dans les mines contre un peu de nourriture et un abri.
Au moment où ils ont accédé à l’indépendance, les pays du Sud ont hérité des dettes contractées par les puissances coloniales, ce qui les a conduits à engager d’autres endettements servant à rembourser la dette initiale. Cette situation de dépendance est devenue pour les puissances du Nord le moyen de garder ces pays sous contrôle.
Les empires européens ont fondé leur puissance sur les richesses des colonies et sur l’esclavage. Les mines d’or du Bolivie et du Brésil où certains, pour plus de rentabilité de leur travail, restaient sans voir le jour pendant des mois ont servi à financer les révolutions industrielles. On dit qu’avec les richesses provenant des mines, on aurait pu construire un pont qui aurait joint Potosi à l’Espagne et qu’en mettant bout à bout les ossements des hommes morts de conditions de travail inhumaines on aurait pu fabriquer le même édifice.

Le film de Philippe Diaz démonte avec beaucoup de clarté, une grande précision, les mécanismes qui perpétuent la pauvreté et en font un mal qui s’étend. De quelle façon nos institutions, nos modèles économiques créent toujours plus de pauvres. Des favelas d’Amérique latine aux bidonvilles d’Afrique, des économistes éminents, des personnalités politiques et des acteurs sociaux disent de quelle façon les pays développés pillent la planète.
Aujourd’hui, toutes les trois secondes quelqu’un meurt de faim, en majorité des enfants et 800 millions de personnes dans le monde se couchent avec la faim.
La démarche politique du film n’exclut pas le soin, la qualité des images. Un film qui rend compte, qui alerte et qui devrait être montré dans tous les réseaux associatifs et éducatifs.
Francis Dubois

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