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Un film de Philippe Garrel (France)

"La jalousie" Sortie en salles le 4 décembre 2013.

Louis quitte Mathilde avec qui il a une petite fille, Charlotte. Il est amoureux de Claudia. Ils sont tous deux comédiens et passionnés de théâtre. Louis a des projets alors que Claudia est en panne de propositions depuis plusieurs mois.

Fragilisée, Claudia vit dans la peur constante que Louis la quitte. Jusqu’au jour où elle rencontre un architecte qui lui propose du travail en attendant que sa carrière reprenne.

Claudia semble s’attacher à cet homme et dorénavant, c’est Louis qui a peur que Claudia le quitte.

Pour cette histoire simple, d’amours qui se défont, Philippe Garrel s’est inspiré d’une histoire d’amour que son père (le grand père de Louis) a vécu à l’identique avec une femme dont il était très épris.

Dans le récit de son film, Philippe Garrel est donc incarné par Charlotte, la petite fille.

La trame de "La jalousie" est d’une grande simplicité narrative : une histoire d’amour qui finit pour laisser naître une autre histoire d’amour dont les deux protagonistes jurent qu’elle sera éternelle. Mais celle-ci s’achève à son tour.

A la périphérie du cœur du récit, gravitent des personnages annexes, Esther, la sœur cadette de Louis, Charlotte la fille de Louis et de Mathilde et quelques autres qui, s’ils traversent à peine l’écran à l’occasion d’une scène ou deux, font une toile de fond qui nourrit l’histoire.

Si la trame du film est, par sa simplicité, réduite à un espace presque vacant, c’est pour mieux y glisser des scènes d’amour, de tendresse que Philippe Garrel et ses co-scénaristes destinent tant au cœur de l’histoire et aux deux amants, qu’à des moments en creux où interviennent Mathilde, l’épouse délaissée, l’ami de Louis et ses partenaires de théâtre, ou encore des personnages plus éphémères auxquels est donné, à chaque fois qu’ils apparaissent, une vraie consistance.

Est-ce la première fois qu’il y a dans un film de Garrel autant d’émotion retenue dans des scènes d’une grande justesse. On ignorait chez lui, la tendre affection qu’il pouvait porter à un personnage d’enfant. Son envie de filmer à l’inverse, des personnes âgées, donnent lieu à des scènes touchantes (Claudia lavant les pieds d’un vieil homme, selon un rituel ; Louis écoutant avec une attention studieuse, les conseils d’un ancien professeur).

On peut dire de Philippe Garrel qu’il s’est assagi. Sans renier du tout, ses premières réalisations, on se réjouit de constater qu’il a pris avec beaucoup d’exigences, un tournant plus narratif, plus linéaire.

Une belle œuvre attachante. Et un Louis Garrel qui n’est jamais meilleur que dans les films de son père.

Francis Dubois

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