Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Sébastien Laudenbach (France)

"La jeune fille sans mains" Sortie en salles le 14 décembre 2016.

En des temps difficiles un meunier est contraint de vendre sa fille au Diable.

Protégée par sa pureté, celle-ci parvient à lui échapper mais, sur la demande de celui-ci, elle est privée de ses mains.

Dans sa fuite qui la conduit loin de sa famille, elle va rencontrer des personnages qui lui seront favorables : la déesse de l’eau, un doux jardinier et le Prince en son château qui va tomber éperdument amoureux d’elle.

Le Prince lui offre des mains de remplacement en or, l’épouse, mais alors qu’elle attend un heureux événement, il doit partir au combat.

Cinéma : La jeune fille sans mains

Olivier Py, metteur en scène de théâtre avait écrit une adaptation pour la scène de " La jeune fille sans mains" des Frères Grimm, sous le titre " La jeune fille, le diable et le moulin ".

Sébastien Laudenbach s’est librement inspiré de cette adaptation pour écrire le scénario de son film revenu au titre initial.

Après avoir dû abandonner le projet d’une production classique faute de financement, le metteur en scène met à profit une résidence d’artistes et se lance seul dans une fabrication inédite, pour un film d’animation d’une telle durée.
Le film a été entièrement peint sur papier.

Il en résulte un travail qui donne une grande importance au dessin, un dessin léger avec des vides et qui ne trouve sa cohérence que dans sa mise en mouvement.

Contrairement à la majorité des films d’animation dans lesquels les images sont parfaitement finies, celles de " La jeune fille sans mains" paraissent souvent inachevées.

Et Sébastien Laudenbach aime à penser que cet inachèvement, volontaire ou pas, permettra au spectateur de laisser agir son imagination et de remplir ce qui lui semble manquer.

En dehors de cette particularité, le film s’inscrit dans la tradition du genre : époque indéterminée, pays lointain inventé, personnages qui sont plus des silhouettes que des caractères.

L’histoire est ancrée dans une nature métaphorique : le Diable polymorphe plus faune que démon, la déesse de la rivière guide de la protagoniste dans son voyage, une forêt sombre et un plateau montagneux favorable à l’isolement.

Au final, le dessin qui parait minimaliste, a un fort pouvoir évocateur et "La jeune fille sans mains " est une œuvre singulière qui, avec son tracé hésitant du crayon, restitue parfaitement l’univers du conte des Frères Grimm.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Premières solitudes »
    Claire Simon a accompagné avec l’aide de leur professeur de lettres, dix élèves de « première option cinéma » du lycée Romain Rolland d’Ivry pendant une année, dans une approche de l’image et des... Lire la suite (10 novembre)
  • « Carmen et Lola »
    « Carmen et Lola » est l’histoire d’un amour entre deux jeunes femmes gitanes dans un milieu où règne le machisme et où l’homosexualité est un tabou. En 2009, parut dans un journal espagnol un article... Lire la suite (10 novembre)
  • « Nous Tikopia »
    L’île de Tikopia est située en Mélanésie. D’une surface de seulement 5km², elle est la plus isolée de l’archipel des Salomon. Elle est peuplée de polynésiens, habitée depuis plus de 3000 ans et ne fut... Lire la suite (6 novembre)
  • « High life »
    Un groupe d’individus condamnés à la peine de mort ont accepté, contre la levée de la peine capitale, de participer à une mission expérimentale qui consiste, dans une cabine spatiale, à servir de... Lire la suite (6 novembre)
  • « Samouni Road »
    A la périphérie de Gaza, dans une zone rurale, la famille Samouni s’apprête à célébrer un mariage. C’est la première fête familiale depuis la dernière guerre au cours de laquelle Amal, ses frères et ses... Lire la suite (5 novembre)