Actualité théâtrale

A l’Alhambra

"La machine à explorer le temps" Diverses dates jusqu’au 17 mars 2013

La machine à explorer le temps est le premier roman de H-G Wells. Pour cet autodidacte, issu d’un milieu modeste, qui avait réussi à étudier la biologie et l’astronomie grâce à une bourse d’études, c’est tout de suite le succès, un succès qui assurera sa notoriété et fera de lui, avec Jules Verne, le père de la science fiction.

L’action commence le soir, dans une usine d’horloges d’édifice où un ingénieur vient de mettre au point une machine à explorer le temps. Grâce à elle, l’explorateur du temps va se projeter en 802 701, sur une terre où la culture et la civilisation ont disparu. Deux espèces y survivent, les Elois, de beaux jeunes gens, oisifs et simplets qui se promènent sur la surface de la terre et, sous terre, craignant la lumière et apparemment industrieux, les Morlocks. L’explorateur du temps va s’y trouver bloqué plusieurs jours, sa machine ayant disparu, le temps de mieux comprendre ce que cache cet apparent paradis terrestre.

Ce texte, considéré comme le grand classique du voyage dans le temps, est d’autant plus alléchant pour un metteur en scène, que Wells n’est pas qu’un auteur de science-fiction. C’est aussi un humaniste qui propose une réflexion sur l’avenir de l’humanité et qui fut très proche des socialistes. Pour lui, si les hommes dans leur course au bien-être à tout prix, oublient de mettre le progrès scientifique au service de l’humain, s’ils s’abandonnent à l’oisiveté et à la paresse, s’ils renoncent à réfléchir et à chercher à comprendre le monde qui les entoure et s’ils cessent d’avoir de l’empathie pour les autres, alors le génie humain se mettra au service de l’animalité.

Mais adapter au théâtre ce texte n’est pas une mince affaire. Comment réussir à nous emmener en 802 701 sans effets spéciaux ? Sydney Bernard y réussit d’une façon éblouissante. Tout commence avec un immense tableau noir, couvert d’équations, qui occupe tout le fond de la scène et devant lequel un personnage travaille à son invention, tandis que le narrateur commence à nous raconter l’histoire. Quand le voyage commence, le tableau noir s’abaisse peu à peu pour laisser place à une structure gonflable qui nous entraîne dans un décor surprenant de collines aux couleurs changeantes (très beau travail d’éclairage de Laurent Fallot) et aux reliefs mouvants qui envahit tout l’espace scénique. La bande sonore de Chapelier fou et les décors sonores de Loïc Le Cadre éveillent sans cesse l’imagination des spectateurs. La magie du texte, l’univers visuel et sonore ainsi créé emportent les spectateurs jeunes et plus âgés dans cette aventure, tantôt haletante et inquiétante, tantôt poétique où la réflexion sociale tient toute sa place. C’est une compagnie bretonne, Imaginaire Théâtre qui est à l’origine de cette petite merveille, dont la moindre n’est pas l’apparition, à la fin, de La Machine ! Sydney Bernard incarne avec talent le narrateur qui nous emmène dans ce voyage vers le futur, notre avenir si nous n’y prenons pas garde. Précipitez-vous et emmenez vos élèves ou vos enfants !

Micheline Rousselet

Théâtre de l’Alhambra
21 rue Yves Toudic, 75010 Paris
Jusqu’au 11 novembre, puis du 21 au 24 novembre, du 28 novembre au 1er décembre, le 6 et le 8 décembre, du 13 au 24 et du 26 au 31 décembre, du 2 janvier au 1er février (relâche le lundi), le 3 février, du 19 au 24 février et du 26 février au 17 mars, toujours à 19h.
Réservations : 01 40 20 45 25
Se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours.

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