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Un film de Nicolas Philibert (France)

"La maison de la radio" Sortie en salles le 3 avril 2013

Dans "La ville Louvre" en 1990, Nicolas Philibert explorait le fonctionnement intime du célèbre musée parisien. Il procède cette fois-ci de la même façon avec un autre "monument" du centre de Paris : la Maison de la Radio.

On connaît de l’extérieur cet imposant bâtiment circulaire situé en bordure de Seine.

Celui-ci abrite une soixantaine de studios, des auditoriums, une salle de concert, et un millier de bureaux occupés par l’administration centrale de Radio-France, les personnels de direction, de gestion, de production, de secrétariat, de documentation et par des centaines de journalistes.

L’immeuble regroupe les stations de France-Info, France Bleu, France Culture, France Musique, le Mouv’ et Fip ainsi que les locaux de Radio France Internationale (les bureaux de France Inter ayant dû émigrer, faute de place, dans un immeuble voisin)

Nicolas Philibert pénètre d’entrée dans cette ruche bourdonnante où chacun semble travailler dans l’urgence, surtout lorsqu’il s’agit du domaine de l’information où le personnel, mis sans arrêt sur la brèche avec l’arrivée incessantes des nouvelles, doit faire des choix, décider des sujets prioritaires, répartir les informations sur les différents journaux de la journée.

Comme c’était le cas dans "La ville Louvre", on découvre une ville dans une ville et tous les fonctionnements de cette forteresse qui s’ajoutant les uns aux autres, donnent un aperçu des rouages d’une institution dont on ne sait pas grand’ chose, puisque la radio est liée, par définition, à l’absence d’images, à l’invisibilité de ceux et de celles qui s’y expriment, comme à l’invisibilité des lieux.

En quelques séquences (dans un bureau, une salle de réunion, un local technique, un studio d’enregistrement ou tout au long de ces interminables couloirs circulaires) Nicolas Philibert donne le ton de son film. Si c’est un documentaire qu’il nous propose, il ne sera surtout pas démonstratif, didactique.

Mais c’est surtout au cours de l’enregistrement d’un feuilleton radiophonique, au cours d’un entretien entre une responsable de l’information avec son stagiaire novice, dans les commentaires des nouvelles qui arrivent à l’information, dans des moments volés que le film trouve sa tonalité.

Il n’est pas question pour Nicolas Philibert de filmer de façon linéaire, redondante ou simplement informative, l’activité tour à tour fébrile et sereine qui règne dans les studios.

Il faut donner aux séquences, dont ici l’éventail est très vaste, un relief particulier, proposer au regard autre chose qu’un simple enregistrement du réel, quelque chose qui permette de recréer ce qui est invisible, du domaine du hors-champ, du off.

Nicolas Philibert nous ballade à travers la grande diversité des émissions et le ton qui les caractérise chacune. On passe de l’enregistrement d’un concert, à celui d’un feuilleton radiophonique, à une émission de "disques demandés" conduite par une inénarrable meneuse de jeu bon enfant.

Il s’en serait fallu de peu que ce parti pris d’alterner les séquences ne fasse un peu "catalogue". Sans doute, Nicolas Philibert avait-il flairé le danger et lorsqu’on est sur le point de sombrer dans la monotonie de la répétitivité, il s’attache à un visage inquiet ou jovial et va jusqu’à nous faire accompagner dans les sous-bois un preneur de sons (bruits de la forêt, chants d’oiseaux nocturne…)

"La Maison de la Radio" lève le voile de façon passionnante et très souvent drôle, sur cette mystérieuse forteresse des bords de Seine.

Après avoir vu le film de Nicolas Philibert, on n’écoutera peut-être plus de la même façon nos émissions de radio familières.

Francis Dubois

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