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Un film de Dominique Maillet (France)

« La mémoire dans la chair » Sortie en salles le 15 février 2012

« La mémoire dans la chair » est le second long métrage de Dominique Maillet après dix-huit ans d’absence des écrans. Son premier film «  Le roi de Paris » avec Philippe Noiret et Manuel Blanc dans les deux rôles principaux était une peinture assez attendue du milieu du Music-Hall parisien des années 30.

Ici, avec son nouveau film, il fait le grand écart et traite du combat républicain en Espagne sous le régime de Franco.

Tômas revient après quinze années d’exil dans un pays inconnu, le sien, à l’occasion de l’enterrement de son père, un combattant républicain de la première heure qui a fini ses jours en prison.

L’action se situe en novembre 1975, au moment de l’agonie du Caudillo, quand l’Espagne a hâte de régler ses comptes avec le passé. Mais Tômas, dès sa descente du train, sait qu’il n’existe plus pour lui aucun repère dans ce pays où il n’a plus sa place.

Dans cette réalité pour lui complètement décalée, deux rencontres ajoutent à son malaise.

Celle de Manrique, un commissaire de la Brigade politico-sociale, qu’il retrouve sans cesse sur sa route et qui lui distille d’étranges et troublantes confidences, et celle de Nieves, la fille d’un vieil ami de son père, l’ingénieur Martineau, qui représente à la fois l’attirance amoureuse mais également la force obscure qui le relie à ses origines.

Les questions se multiplient, les doutes l’envahissent et chaque réponse ajoute à son malaise et à sa culpabilité.

Face à une vérité qui se révélera dans toute sa cruauté, et à sa mémoire partiellement retrouvée, Tômas oscillera, pour brouiller les pistes, du rêve à la réalité, en mélangeant fantasme et vérité des événements. C’est ainsi que, confronté à une vérité dérangeante à laquelle il veut échapper, Tômas va construire une alternative à l’authenticité des faits, s’offrir un choix entre deux vérités, celle des faits réels et celle, sortie de son imaginaire, qui lui laissera peut -être une chance de contourner son destin…

Il aurait fallu une force dans le traitement des récits pour que le projet ambitieux de Dominique Maillet atteigne son objectif. Sa crainte, sans doute de voir trop de limpidité nuire à sa démarche narrative, le contraint trop souvent à épaissir le mystère et à s’engager sur de fausses pistes qui compliquent le cheminement de l’histoire sans lui apporter ni l’épaisseur ni la densité escomptées.

Son sujet, celui d’un retour qui n’en est pas vraiment un, qui détruit chez Tômas jusqu’à son rapport au monde, aurait gagné à être traité avec plus de simplicité, plus de limpidité et certains personnages, celui de Manrique notamment, qui fonctionne sur une ambiguïté liée au contexte politique, finit par se réduire à une simple silhouette menaçante censée entretenir ce qu’il fallait de tension pour que le récit reste dans l’ambiguïté et le malaise.

 

Francis Dubois

 

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