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Un film de Arik Lubetzky et Matti Harari (Israël)

"La mère de Valentina" Sortie le 26 janvier 2011


Paula, une vieille dame israélienne, survivante de la Shoah, est arrivée à l’âge où, bien qu’encore vaillante, elle a besoin d’une aide au quotidien.
Celle qui se présente pour assurer les tâches auprès d’elle est une jeune immigrante polonaise. Elle se nomme Valentina comme la voisine chrétienne que Paula a connue dans sa jeunesse.
Cette coïncidence fait remonter à la surface, les souvenirs enfouis de la Shoah que Paula confie à la jeune fille.
Une amitié naîtra entre les deux femmes que Shlomo, le fils unique de Paula va tenter, par jalousie ou par intérêt, de détruire.
Ses tentatives de creuser un fossé entre Paula et Valentine ne feront que renforcer les liens entre les deux femmes.
Lorsque Valentina, pour qui la relation est devenue trop oppressante, décide de partir, Paula tente tout pour la retenir. La veille du départ de Valentina, Paula organise une réception d’adieu qui donnera lieu à des révélations capitales.
"La mère de Valentina" fonctionne sur trois éléments dramatiques forts qui sont intimement imbriqués dans le récit : le traumatisme des victimes de la Shoah, l’acceptation de l’étranger et la place des personnes âgées dans la société israélienne.
Si la relation d’une intimité grandissante entre la vieille dame seule et la jeune gouvernante polonaise elle aussi isolée, est un peu attendue et si, les moments de prudence ou de méfiance qu’elles connaissent d’entrée de jeu, paraissent inévitables à la progression du récit, les clichés sont astucieusement contournés grâce à la façon dont sont tracés les personnages.
La personnalité de l’actrice Ethel Kovenska, comédienne de théâtre dont c’est ici le premier rôle au cinéma, donne un surprenant relief au personnage de Paula tout en ruptures, à la fois femme forte, dominatrice et femme fragile et vulnérable tout à coup menue, égarée, dépourvue de tous ses atouts. Silvia Drori qui joue une Valentina rustique et sensible, dont on sait d’entrée qu’elle a accepté cet emploi pour payer l’opération médicale qui sauvera la vie de son frère, laisse d’un bout à l’autre flotter l’ambiguïté à propos des sentiments profonds de son personnage. On ne saura jamais si elle effectue sa tâche avec zèle ou si ses sentiments pour Paula débordent les limites de sa mission. Mais il se peut que ce soit la solitude des deux femmes qui conduisent le jeu entre elles.
"La mère de Valentina" est un film d’autant plus poignant que l’émotion qui s’en dégage vient non pas d’un récit appuyé mais du tracé minutieux de détails infimes, de minuscules instants de vie, des gestes, des regards que portent l’une sur l’autre ces deux femmes dont le présent est totalement empreint de leur passé.
Francis Dubois

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