Actualité théâtrale

Théâtre de La Tempête jusqu’au 22 octobre 2017

« La mort de Tintagiles » Texte de Maurice Maeterlinck. Mise en scène Géraldine Martineau.

« La mort est une force extérieure qui empêche tout mouvement qui s’oppose à elle. L’amour est une force intérieure qui incite à agir contre la mort ». Le texte de Maurice Maeterlinck, conte initiatique et métaphysique d’une grade puissance poétique, est une intime confrontation à la mort, une dernière veillée pleine de tendresse, de délicatesse.

Théâtre : la mort de Tintagiles

«  La mort de Tintagiles  » a, d’après son auteur, été écrit comme un petit drame pour marionnettes. Pourtant, ce n’est pas le parti qu’a pris Géraldine Martineau pour qui l’écoute et le partage entre les acteurs est au cœur même du projet.

Mais elle a cependant fait une concession à l’idée de Maeterlinck en travaillant avec ses acteurs sur la sensation d’un « corps-marionnette ».

Sa mise en scène est d’une grande sobriété. Son travail respecte scrupuleusement le texte et les comédiens s’expriment autant par le mouvement que par la parole.

La fatalité a décidé de la mort de Tintagiles et rien ne pourra s’opposer à cette fatalité. Le texte se penche sur les mystères de la mort et le mystère du sommeil.

Pour conserver au texte sa tonalité onirique, Géraldine Martineau a travaillé sur les lumières, sur les pénombres jusqu’aux absences de lumière. Elle a dépouillé de toute envolée le lyrisme du texte et de cette façon, ramené l’espace scénique à une dimension minimale.

La beauté du court spectacle qu’elle propose répond à l’exigence d’une démarche qui ne fait aucune concession au moindre débordement d’expression, à un esthétisme qui pouvait s’imposer. Les comédiens, par leur jeu, emboîtent le pas à un tel souci de rigueur qu’il peut se dégager du spectacle, au moment où on le quitte, un petit sentiment de frustration.

Le théâtre nous aurait-il habitué à des moments « de bravoure » systématiques de la part des acteurs, à des gesticulations qui ponctuent une composition qui se respecte, au point que lorsqu’une mise en scène fonctionne sur le retenue, sur le respect scrupuleux d’un texte, elle peut apparaître un peu pâlichonne ?

Francis Dubois

Théâtre La Tempête Cartoucherie de Vincennes, route du Champ-de-Manoeuvre .75 012 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 43 28 36 36

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Ruy Blas »
    Cet été le château de Grignan se met à l’heure de l’Espagne du XVIIème siècle pour accueillir le drame romantique de Victor Hugo. La reine d’Espagne vient d’exiler Don Salluste qui a déshonoré une de ses... Lire la suite (21 juillet)
  • La nuit juste avant les forêts
    Tout d’abord, il y a le texte, dur, puissant, superbe, qui résonne fortement avec l’actualité. Et pourtant, Bernard-Marie Koltes l’a écrit et fait représenter dans le Off d’Avignon en 1977. Il ne sera... Lire la suite (20 juillet)
  • Alain Paris chante les fables de La Fontaine
    Est-ce l’horaire ? Est-ce le lieu très excentré près des remparts de l’Oulle ? Il y avait peu de monde pour ce joli spectacle et c’est bien dommage. Alain Paris chante les fables de La Fontaine,... Lire la suite (17 juillet)
  • Beaucoup de bruit pour rien
    La modernité de cette pièce écrite en 1600 est saisissante. Elle est accentuée par la mise en scène intelligente de Salomé Villiers et Pierre Hélie. L’action est placée dans un cadre qui évoque tout... Lire la suite (8 juillet)
  • « Dévotion, dernière offrande aux dieux morts »
    Clément Bondu, écrivain, poète, musicien et metteur en scène en résidence aux Plateaux Sauvages signe le texte et la mise en scène de ce spectacle dont il nourrissait le projet depuis plusieurs années... Lire la suite (3 juillet)