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Un film de Ken Loach (GB/ France/Belgique/Italie)

"La part des anges" Sortie en salles le 27 juin 2012

Robbie va bientôt être père. Il est à la recherche d’une stabilité mais son passé de délinquant revient sans cesse lui barrer la route.

En même temps que Rhino, Albert et Mo, il échappe de justesse à la prison et écope avec eux d’une peine de travaux d’intérêt général.

Au cours d’une sortie en minibus, Henri, l’éducateur qui les encadre, leur fait visiter une distillerie de whisky.

Robbie se découvre ici, et plus tard à d’autres occasions, un vrai talent de dégustateur. Il devient très vite capable d’identifier les cuvées les plus exceptionnelles et les plus chères.

Robbie, en compagnie de ses trois compères, va-t-il mettre son don au service de quelques autres arnaques foireuses ou bien le hasard les mettra-t-il sur le rail d’un avenir nouveau et plein de promesses.

Les quatre personnages de "La part des anges" sont des laissés pour compte que la société a catalogués une fois pour toutes comme des êtres irrécupérables, exposés à la récidive.

Comment sortir de l’ornière quand le passé colle à la peau, quand la simple cicatrice d’une balafre peut compromettre un entretien d’embauche ?

Quels arguments développer pour convaincre de sa bonne foi quand on a décidé, après des dérives de comportement, de repartir à zéro.

L’atout de taille dont dispose Robbie pour s’en sortir est la confiance que lui porte Léonie, la mère de son enfant, malgré sa famille hostile à leur union.

Son autre chance tient à son talent de dégustateur.

Même lorsqu’il entreprend de réaliser une comédie, Ken Loach la construit –ici avec la collaboration du scénariste Paul Laverty- autour d’un sujet social.

Il n’est pas réalisateur à imaginer des gags pour faire rire, à forcer le trait dans le contour de ses personnages. Il laisse les situations produire d’elles-mêmes leur potentiel de drôlerie. Le résultat n’en est que plus probant à tous points de vue.

On sourit souvent et la légèreté avec laquelle sont traitées certaines séquences, au lieu de l’altérer, renforce le propos.

Outre la grande maîtrise, la rigueur avec laquelle il conduit ses récits, Ken Loach a l’art de construire un casting, faisant souvent appel, comme c’est le cas ici pour les personnages centraux, à des non-professionnels qu’il amène à de vraies performances d’acteurs. Ainsi Paul Brannigan qui joue Robbie et qu’il a découvert dans la maison de quartier où il travaillait est-il d’une précision de jeu confondante en looser qui gagne petit à petit ses galons de stratège et de vainqueur final.

Un autre très beau film à l’actif de ce cinéaste qui, depuis " Kes" en 1969, "Family life" en 1971 a su conduire sans dévier jamais, une filmographie qui totalise à ce jour plus de vingt-cinq œuvres d’une grande force.

 

Francis Dubois

 

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