Lectures : littérature, poésie, polars, essais, revues

Polar

« La poule aux œufs d’or », Claude Izner Paris, 1923

La saga des sœurs Izner dans ce Paris des années 20, étrange, secoué par le jazz, les comédies musicales, Cocteau, les surréalistes, la révolution russe… se poursuit dans ce troisième opus, « La poule aux œufs d’or ». Le narrateur, pianiste de jazz, américain, Jeremy Nelson – il a rencontré, dans l’ouvrage précédent « La femme au serpent », la famille de Victor Legris pour relier des histoires du 20e et du 19e siècle – se transforme en enquêteur tout en nous faisant visiter certains lieux du Paris « qui « jazze ». Dans cette troisième enquête, il est engagé par le... cinéma. C’est une des grandes bizarreries du cinéma muet : la musique est nécessaire pour mettre les acteurs dans l’ambiance. La musique et le cinéma opérait déjà leur histoire d’amour/haine.

Polar : La poule aux œufs d'or

« La poule aux œufs d’or » - un titre qui ne s’explique pas totalement – raconte surtout les trajectoires de « russes blancs » qui ont refusé la révolution en choisissant l’exil pour se retrouver loufiat, chauffeur de taxi ou autre métier à la qualification empirique. Le choix était limité pour la plupart d’entre eux et plus encore pour elles. Certain-ne-s n’étaient pas partis sans rien. C’est le cas ici. La chasse au trésor s’ouvre. Ici, l’auteure prend pour personnage une professeure de diction. Les actrices de cinéma pensent au théâtre, à Sara Bernhardt et à ses funérailles nationales, pour devenir des « vrais » comédiennes. Les débuts du cinéma parlant, comme le raconte le film de Stanley Donen et Gene Kelly, « Singin’ in the rain », leur donneront du travail.

S’entremêlent la chasse au trésor – une trousse de couture – qui fait des mort-e-s, la réalisation du film, les scènes de la vie quotidienne via la petite fille des bouchers, la littérature et le jazz. Un cocktail qui incite à suivre les aventures de Jeremy Nelson. Il y faudrait la bande son pour évoquer cette période faite de sauvage joie de vivre, d’alcool, de nuits ruisselantes et de gueules cassées.

Nicolas Béniès.

« La poule aux œufs d’or », Claude Izner, 10/18

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