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Le dernier film de Théo Angelopoulos (Grèce)

"La poussière du temps" Sorties en salles le 13 février 2013.

"La poussière du temps" sera l’ultime réalisation de Théo Angelopoulos. Le célèbre metteur en scène grec à qui l’on doit quelques chefs-d’œuvre tels que " Le voyage des comédiens", "L’apiculteur", "L’éternité plus un jour" ou "Le pas suspendu de la cigogne" est décédé accidentellement avant d’avoir achevé le tournage de son dernier film dont les séquences ne suffiront pas à constituer ne fut-ce qu’un aperçu de l’œuvre engagée.

"La poussière du temps" est à la fois une épopée historique et une histoire d’amour. Les deux, intimement liées se vivent sous le forme d’un grand voyage dans le temps, depuis les années cinquante jusqu’à nos jours.

Le film s’ouvre sur les studios de Cinecittà, là où un réalisateur américain d’origine grecque réalisera un film sur le destin tragique de ses parents et de leurs amours contrariées au temps de la guerre froide.

Son travail de recherche le conduira en Italie, en Allemagne, en Russie, au Canada et aux États-Unis.

Mais ce voyage de travail qui est aussi un voyage à travers le monde du XXème siècle est tout autant un travail de mémoire sur l’histoire, une élégie sur la destinée humaine et sur l’absolu d’une grande histoire d’amour que seule peut venir troubler la poussière du temps.

Contrairement à ce qu’annoncent les premières séquences, il ne s’agit pas, bien que le personnage du fils soit réalisateur de cinéma, d’un film sur le cinéma mais d’un film sur les frontières.

En 1974, en URSS, certains groupes minoritaires comme les juifs, les communistes italiens, grecs ou espagnols se sont trouvés obligés de faire un choix.

Regroupés dans des camps situés en Italie ou en Autriche, en attendant de rejoindre leur destination, les autorités leur laissaient la possibilité de réfléchir sur leur choix.

Pour certains juifs, c’était Israël ou les États-Unis et dans les deux cas, c’était une douleur.

"La poussière du temps" fait la démonstration que l’histoire d’un pays ne se fait pas dans ce seul pays mais qu’elle est associée à l’Histoire du Monde.

Le monde du cinéma et celui du public cinéphile ont-t-ils mesuré l’étendue de la perte subie au moment de la disparition de Théo Angélopoulos, très vite passée inaperçue.

Il suffit d’assister à une projection de "La poussière du temps" pour mesurer à quel point la perte est considérable et à quel point ses œuvres peu nombreuses jusque-là, singulières mais profondément humaines, manqueront, et à quel point elles laisseront des écrans à jamais blancs.

Peut-être parce que les récits de ses films n’étaient pas linéaires, qu’il avait un savoir-faire exigeant, qu’il ne faisait aucune concession à la mode, aux tendances du moment, que Théo Angélopoulos avait la réputation d’être un cinéaste trop "intellectuel" pour que ses réalisations soient accessibles à tous. Que son cinéma était un cinéma élitiste.

Foutaises ! Il suffit de revoir quelques-uns de ses films, "L’apiculteur" avec Marcello Mastroianni ou "L’éternité plus un jour" pour rendre justice au cinéaste disparu et lui reconnaître, au contraire, des œuvres limpides et d’une grande lisibilité.

"La poussière du temps" bénéficie au générique, de la présence de trois comédiens remarquables. L’un, Bruno Ganz avait déjà tourné avec Angélopoulos. Les deux autres qui sont des "nouveaux", Michel Piccoli et Irène Jacob sont magnifiques.

Francis Dubois

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