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Un film de George Ovashvili (Géorgie/Allemagne/France/République tchèque/Kazakhstan)

"La terre éphémère" Sortie en salles le 24 décembre 2014.

Sur le fleuve Inguri qui est la frontière entre la Géorgie et l’Abkhazie, des îlots fertiles surgissent et disparaissent au gré des saisons et de la force des précipitations pluviales.

Un vieil Abkhaze et sa petite fille, une adolescente dont il a eu la charge à la mort des parents, vont choisir une de ces îles sans autre propriétaire que le fleuve, pour y cultiver le maïs qui les aidera à se nourrir l’hiver venu.

Le lien intense qui les lie à la nature sera perturbé par les rondes régulières des gardes-frontières à la recherche d’un fuyard …

Si les paysages qui servent de toile de fond au film de George Ovashvili sont magnifiques, ils ne masquent pas l’état de pauvreté de ces paysans déshérités qui trouvent dans l’exploitation de ces terres éphémères, le moyen de remédier au fait qu’ils n’en possèdent pas.

Dans une première scène, on voit le vieillard identifier le lopin de terre avant de s’engager à le cultiver. D’une main experte il évalue la qualité de la terre, la hume, va jusqu’à la goûter et c’est seulement quand l’examen s’achève, qu’il l’a jugé concluant, qu’il va se mettre à bêcher toute la surface et à construire la cabane qui les abritera lui et sa petite fille dans la période allant des semailles jusqu’à la récolte des épis.

Les grains de maïs semés, différents épisodes météorologiques vont rythmer le quotidien des deux protagonistes depuis la période de sécheresse au cours de laquelle, il faudra arroser un à une les jeunes plans, jusqu’au violent orage qui menacera d’emporter toute la plantation dans les coulées de boue qu’il provoque.

Cinéma : "La terre éphémère"

Bien que tolérés par la loi du pays, l’exploitation de ces terres éphémères fait l’objet d’une surveillance régulière qui laisse planer un danger.

Pourquoi, au lieu de le livrer aux gardes-frontière, l’aïeule et sa petite fille, préfèrent_ils récupérer un homme blessé qu’ils ont trouvé étendu ensanglanté au milieu des maïs ?

Est-ce un élan de solidarité entre laissés pour compte de la société ; est-ce le résultat d’un réflexe d’humanité instinctif ?

D’autant plus que la présence de l’homme blessé à l’intérieur de la cabane va rendre encore plus menaçantes les rondes des gardes-frontière et qu’elle éveillera chez l’adolescente les premiers émois amoureux…

La récolte des épis de maïs à peine achevée l’orage, par sa violence, va engloutir l’île et voir se disloquer la cabane en bois.

L’enjeu de départ était-il la maigre récolte de maïs qui ne remplira qu’une petite moitié de la barque ou dans l’aventure qu’auront vécue deux êtres contrastés qui se seront appliqués, avec l’illusion de la propriété, de la mener à terme ?

Voilà un film qu’on devrait montrer à nos grands écoliers, collégiens, lycéens pour leur indiquer une facette du monde tellement éloignée de celle qu’ils connaissent.

Francis Dubois

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