Actualité théâtrale

A la Maison de la Poésie, jusqu’au 4 avril

"La tête de l’homme" de Florence Pazzottu. Mise en scène de François Rodinson

Au départ il y a le choc d’une agression nocturne à Marseille, dans la quartier du Panier. La douleur des coups, une ombre qui fuit…
La ville et le traumatisme renvoient aux paysages d’enfance. La femme qui arpente les nuits du passé, y met pêle-mêle le souvenir et le rêve. Elle y ajoute tous ceux qu’elle y croise ou qu’elle y a croisés.
La poésie restitue l’intime, le dehors, le dedans, l’éternel questionnement à propos du lien, de la séparation, de l’origine du monde, de soi.
Le texte est écrit en vers de treize pieds, un alexandrin + un, et la musique du récit se trouve
suspendue à chaque fois, prise dans un déséquilibre, une sorte de déhanchement, de risque de chuter… et l’émotion est renouvelée dans la fragilité même.

© Béatrice Logeais & Maison de la Poésie

C’est à Marion Bottollier que revient la charge de ce texte toujours dans le risque, dans la sérénité, où les éclats du réel qui surviennent laissent au milieu de leur fulgurance, place à un espace qui semble naître et se dissoudre dans le même instant.
Longue silhouette brune et claire, elle habite le tempo du texte d’une lueur dans l’œil, d’une légère inclinaison du corps qui débouche tout à coup sur autre chose, qui se fond dans le vers suivant, qui n’a peut-être jamais été dit.
La voix est familière ou lointaine et le texte se fond avec les lumières, dans des déplacements furtifs ou brusques. Une lumière dont les fluctuations imperceptibles laisse plus tard le souvenir d’un éphémère persistant.
Un spectacle plastiquement parfait. La fragilité et la force d’une magnifique présence sur scène au service d’un texte rare.
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La Maison de la Poésie
Passage Molière 157 rue Saint-Martin
75 003 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 44 54 53 00 / www.maisondelapoesieparis.com

Rencontre avec Alain Badiou, Bernard Noël, Florence Pazzottu et François Rodinson, animée par Patrick Zuzalla,
à l’issue de la représentation du spectacle samedi 13 mars.

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