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Un film de Frédérick Marx (Etats-Unis)

"La traversée du Zanskar" Sortie en salles le 19 janvier 2011

Lorsqu’ils étaient enfants, deux moines bouddhistes de la province de Zanskar ont passé les cols de l’Himalaya pour aller s’instruire dans les écoles tibétaines en Inde car dans leurs établissements scolaires, les Zanskarpas apprennent l’ourdou, l’hindi, l’anglais mais ni leur propre langue, ni leur propre histoire, ni leur propre culture.
Afin que la culture bouddhiste zanskari en perdition soit perpétuée, ces deux moines reprennent le même chemin pour le même projet, accompagnés de dix sept enfants âgés de 4 à 12 ans.
A pied et à cheval, ils vont conduire pendant quinze jours ce pénible et dangereux périple constitués d’une série de cols de montagne pour certains de plus de 5000 mètres.
Plus tard ces enfants devenus grands pourront ainsi transmettre la culture zanskari même s’ils ne pourront rentrer chez eux que dans 10 à 15 années.
Le Zanskar -royaume millénaire- est fondé en 930 et il sera par la suite coupé du Tibet, le gouvernement indien le jugeant impossible à administrer. Il est situé dans la plus haute vallée habitée de l’Himalaya. A cause d’une position géographique particulière, il peut rester isolé du reste du monde huit mois par an à cause de la neige qui bloque les cols. Pour rejoindre le Ladakh voisin, il est possible, pendant une période intermédiaire d’emprunter, sur cent cinquante kilomètres, un cours d’eau gelé dont l’épaisseur de glace est incertaine.
Une première partie du film relate les rencontres avec les familles des enfants choisis parmi les plus pauvres et les préparatifs du périple. La mise en évidence du danger que représente une telle entreprise (altitude, froid glacial, risque de déshydratation et d’épuisement) donnent des scènes riches mais souvent poignantes.

L’expédition elle-même qui constitue la majeure partie du film fait état des inquiétudes, des craintes et des déceptions qui ont jalonné le voyage mais également des moments de plaisir quand s’ajoutent à la beauté des paysages, la bonne humeur et l’attitude volontariste des enfants.
Une séquence ajoutée montre la rencontre des enfants avec le Dalaï Lama qui a pris position en faveur de toutes les cultures précaires des régions frontalières du Tibet. Il parle ici de l’importance de conserver, donc de transmettre, la culture du Zanskar.
Les personnages importants du film sont les deux moines tibéthains, Gueshé Yonten et Lobsang Dhamchoe dont la sagesse, le dévouement et le courage répondent à l’engagement exemplaire de la population du Zanskar, enfants compris, qui n’ont jamais remis en question l’absolue nécessité du périple.
« La traversée du Zanskar » est un film d’une belle force sur la dignité d’un peuple, sur son engagement dans une région du monde que les dérives de la civilisation moderne ont épargnée ou oubliée et qui peut revendiquer de vivre selon des rites et une culture ancestrales.
Francis Dubois

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