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Un film de Huilong Yang (Chine)

"La tribu des fourmis" Sortie en salles le 6 mai 2015.

Tang Jia Ling est un village de la banlieue de Beijing (Pékin). Des milliers de travailleurs, souvent des jeunes gens diplômés s’y installent à cause des prix des loyers abordables.

Mais cette ruée dans le même secteur entraîne une pénurie d’emplois, une augmentation des prix et des abus de la part des logeurs et des employeurs.

Cette population qu’on a appelée "la tribu des fourmis " a aujourd’hui disparu car le village qui les accueillait a été détruit.

Cinéma : la tribu des fourmis

Huilong Yang dont " la tribu des fourmis " est le premier film a fait partie de cette tranche sociale. Il a connu ce qu’est une vie sans argent, sans aide sociale, sans soutien financier, dans des taudis insalubres de la banlieue nord-ouest de Beijing, devenue le symbole d’une certaine jeunesse.

Même si " La tribu des fourmis " n’est pas un documentaire, il montre la vie réelle de ces jeunes, affaiblis et désespérés qui tentent de survivre dans ces mégapoles par ailleurs prospères.

Il montre également les abus dont font preuve les plus nantis, les employeurs et les logeurs ; la corruption et l’humiliation dont sont victimes les plus faibles.

Et le film, à travers l’histoire des trois principaux protagonistes, dresse le portrait de cette jeune génération chinoise souvent sur-diplômée, débordant de projets, de vitalité, mais empêchée par une situation économique dont elle est la grande perdante.

Ces jeunes gens sont nés dans les années 80-90 et ils ont connu le tourbillon des réformes du pays. Ils ont traversé le socialisme, la perestroïka et le capitalisme et ils sont au centre de deux idéologies : celle du maoïsme qui préconise la sagesse et l’obéissance et celle du matérialisme absolu basé uniquement sur le pouvoir et l’économie.

Leur sentiment est celui d’avoir traversé plusieurs longues périodes en une seule génération et cette situation complexe les relègue souvent au rang de marginaux dilettantes.

Si " La tribu des fourmis " en faisant un état des lieux de la jeunesse chinoise confrontée à de nombreuses influences économiques négatives, est un film politique, il est également un film sur l’amour et sur l’amitié.

L’image est très belle et les comédiens s’acquittent de leurs partitions avec une belle sensibilité de jeu.

L’émotion n’est jamais très loin pour survenir lorsque le récit se rapproche du documentaire.

Huilong Yang dédie " La Tribu des fourmis " à tous ses amis et à toutes les "fourmis de la colonie" pour qu’ils gardent l’espoir et vivent leurs rêves…

Francis Dubois

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