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Un film de Lionel Baier (Suisse / France)

"La vanité" Sortie en salles le 2 septembre 2015.

David Miller est atteint d’un cancer incurable. Il lui reste peu de temps à vivre et la maladie va aller dans le sens de la douleur et de la déchéance physique.

Le vieil architecte a décidé d’avoir recours à une association d’aide au suicide.

Mais Espe, l’accompagnatrice qui a été désignée, ne semble pas très au fait du bon fonctionnement de la procédure.
Cinéma : La vanité
Puisqu’un témoin du dernier souffle est nécessaire pour que le suicide soit validé, David Miller demande les services de Tréplev, un prostitué russe qui reçoit des clients dans la chambre voisine du motel où se situe l’histoire.

Le temps d’une nuit, les trois personnages, Espé, David et Tréplev vont découvrir que le goût des autres et l’amour sont des sentiments tenaces qui peuvent survenir à tout instant de la vie et même au cours des plus extrêmes.

Lionel Baier, dont le film " Les grandes ondes " avait été remarqué en 2013, remet sur la table sa façon singulière de réaliser et sa conception du cinéma avec " La vanité " qui aborde un sujet grave et d’actualité, celui pour un malade incurable du choix de la date et des conditions de sa propre mort.

Mais Lionel Baier ne place pas ses protagonistes dans un établissement spécialisé, tels qu’il en existe en Suisse, mais dans un motel à la périphérie de la ville et à aucun moment il ne situe la dramaturgie du récit dans le réalisme.

Il a choisi de tourner son film en studio dans une quasi unité de lieu et de temps, pour répondre à son goût de l’artifice.

Il était important pour lui que " La vanité " ne soit pas traité comme un drame, que ce ne soit pas un film tire-larme sur le sujet de l’euthanasie.

Il souhaitait que la mort soit le prétexte pour parler de la circulation du désir dans la vie de trois personnages pris sur le vif.

La théâtralisation du sujet, la singularité des personnes en présence, l’image complètement fictive et irréaliste que donne le film des associations d’aide au suicide, la tenue du dialogue, la familiarité qui s’impose très vite entre les protagoniste font de " La vanité " une fantaisie cinématographique hors de toute appartenance à un genre répertorié.

Si le traitement de la mise en scène s’écarte de tout réalisme, le sujet de l’euthanasie n’en est pas moins traité.

Il fallait peut-être passer par l’étrangeté et l’invraisemblable pour donner à des personnages schématiques une épaisseur et une vraie profondeur.

Ce film complètement à part dans le paysage un peu languissant de cette rentrée cinématographique, apporte avec son originalité et en dépit du sujet abordé, un vrai souffle d’air frais.

A voir.

Francis Dubois

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