Actualité théâtrale

Jusqu’au 22 décembre au Théâtre 13/Jardin

« La vie est belle »

En 1946, Franck Capra signait La vie est belle , une sorte de joli conte de Noël moderne, qui est toujours considéré comme un classique du cinéma américain. Stéphane Daurat, qui avait déjà adapté pour la scène Vol au-dessus d’un nid de coucou, s’est intéressé cette fois au film de Capra.

Tout commence au paradis où un apprenti ange, Clarence, se voit chargé d’éviter le suicide d’un certain George Bailey, ce qui lui permettra d’acquérir ses ailes d’ange confirmé. Enfant ce George Bailey a sauvé son frère de la noyade, adolescent il a réussi à éviter à son employeur pharmacien une erreur qui aurait pu être fatale à une de ses patientes, devenu adulte alors qu’il est sur le point de partir étudier à l’Université il se voit contraint, en raison de la mort subite de son père, d’y renoncer pour reprendre l’entreprise familiale, une petite société de crédit mutuel immobilier, qui permet aux pauvres d’emprunter pour acquérir un toit. George arrive à résister aux attaques de Potter, le magnat de la ville que rien n’arrête dans sa soif de richesses et sa volonté de puissance, mais on est à la veille du krach de 1929 et les malheurs vont s’acharner sur cet homme bon, généreux et attentif aux autres. Que pourra faire Clarence pour remplir sa mission et convaincre George de choisir la vie ?

Théâtre : la vie est belle

Pour raconter la vie de George Bailey et de tous ceux qui l’entourent, narration et dialogues alternent sur un rythme soutenu. Pas de décor, mais des petits riens qui construisent des espaces, la rue avec son réverbère, des blocs de plastique qui deviennent taxi, et une atmosphère créée par les lumières et surtout des sons et des musiques, des standards de jazz, un requiem, du charleston. C’est l’ambiance de l’Amérique des années trente qui nous est offerte. Magie du théâtre, avec trois fois rien on sent l’affolement lié à la crise de 1929 et en même temps il y a le paradis, sans compter l’imagination du spectateur qui peut se transporter vers d’autres époques ! Deux comédiens pour les rôles de George Bailey (Stéphane Daurat) et de Clarence, l’ange gardien (Catherine Hauseux) qui fait aussi office de narrateur, cinq autres comédiens jouant tous les autres personnages. C’est un travail de troupe, celui de la Compagnie Caravane, tous les acteurs jouent et dansent nous emmenant du paradis aux rues de la petite ville de Bedford Falls.

Un joli conte optimiste et généreux, qui résonne encore dans notre époque où la réussite sociale est considérée comme un idéal et où la gloutonnerie et le cynisme des plus fortunés ne connaît pas de limites, mais où des petits George Bailey tentent toujours de résister en valorisant la solidarité et l’amitié.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 20h, dimanche à 16h

Théâtre 13/Jardin

103 A Boulevard Blanqui

75013 Paris

Réservations : 01 45 88 62 22 ou www.theatre13.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Un conte de Noël »
    La metteuse en scène Julie Deliquet a fait des études de cinéma et s’est toujours intéressée au rapport entre théâtre et cinéma, comme elle l’avait si bien montré avec Fanny et Alexandre créé l’an passé... Lire la suite (17 janvier)
  • « La lune en plein jour »
    La comédienne, autrice et metteuse en scène Marisa Tomé se penche sur son histoire, une histoire marquée par l’exil, celui de son arrière grand-mère juive polonaise ayant fui la Pologne pour un pays... Lire la suite (16 janvier)
  • « Rosa Luxemburg Kabarett »
    Pourquoi faire un portrait de la révolutionnaire mythique sauvagement assassinée en janvier 1919 par ces Corps Francs qui annonçaient les S.A et le nazisme à venir ? Parce que ses discours et ses... Lire la suite (14 janvier)
  • « Du ciel tombaient des animaux »
    Quatre dames d’un certain âge sont assises prenant le thé dans un jardin. Aux trois amies s’est jointe une femme, Mrs Jarrett, qui passait dans la rue et qu’elles ont invitée à les rejoindre. Elles... Lire la suite (13 janvier)
  • « Ploutos »
    L’inégalité des richesses, un thème d’actualité avec les Gilets Jaunes que faisait pourtant déjà vivre Aristophane dans sa dernière comédie en 388 avant Jésus-Christ. Un honnête paysan athénien, Chrémyle,... Lire la suite (12 janvier)