Actualité théâtrale

Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, jusqu’au 17 décembre

"La vieille et la bête" Conception Ilka Schönbein/Theater Meschugge

Ilka Schönbein fut formée à la danse eurythmique de Rudolph Steiner, une école qui privilégie l’alliance de l’âme et du geste au détriment de la technique. Elle étudie ensuite avec le marionnettiste Albrecht Roser. Sa formation achevée, elle tourne avec différentes compagnies avant de se lancer sur les routes avec ses propres spectacles.
En 1998, elle crée "Le Roi Grenouille" qui sera remodelé une seconde fois puis une troisième fois sous le titre "Le Roi Grenouille III" en 2005.
Après "Le Voyage d’Hiver" inspiré de la musique de Franz Shubert et du livret de Wilhelm Müller, elle propose en 2006 "Chair de ma chair" d’après le roman d’Aglaja Veteranyi puis "Pourquoi l’enfant cuisait dans la polenta" un récit désespéré et poétique sur un enfant de cirque. Ce spectacle existe dorénavant en quatre langues, le français, l’espagnol, l’anglais et l’allemand.

Photo Serge Lucas

"La vieille et la bête" est dans une tonalité voisine des spectacles précédents de cette artiste si singulière. Les masques en papier mâché qui dissimulent son corps sont de véritables prolongements d’elle-même. Elle mêle à un monde onirique peuplé de démons et autres personnages fantasmagoriques, celui où est lisible un monde proche.
Dans un décor de paille, entourée de pommes rouges elle est tour à tour une jeune ballerine qui s’essaie à ses premiers pas de danse, une vieille dame agonisante, un âne en mal d’affection, tous tenant à distance par des facéties, la mort qui rôde.
Le merveilleux ne puise pas dans les éléments habituels. La cruauté pas plus que l’émotion ne sont vraiment le sujet et les épisodes du spectacle surviennent le plus souvent là où on ne les attend pas.
On sort de là émerveillé, et malin celui qui pourrait dire comment nous est venu un tel émerveillement. C’est peut-être cela, ce mystère, qu’on appelle le talent…
En tous cas, du talent, ni Ilka Schönbein, ni Alexandra Lupidi la mezzo-soprano, compositrice et instrumentaliste qui l’accompagne d’un bout à l’autre, n’en manquent…
Francis Dubois

Théâtre de la Commune d’Aubervilliers
2 rue Edouard Poisson 93 304 Aubervilliers cedex
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 48 33 16 16
www.theatredelacommune.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « La valse d’Icare »
    Un musicien qui s’est perdu dans le succès se retrouve au chevet de son fils, plongé dans le coma, et se retourne sur les années qui viennent de s’écouler. Fuyant un père plongé dans ses maquettes... Lire la suite (14 décembre)
  • « Au café Maupassant »
    Quoi de mieux qu’une brasserie pour observer les hommes et les femmes, écouter leurs dialogues, percevoir leurs mesquineries, leurs désirs, leurs angoisses, surtout quand on le fait en compagnie de... Lire la suite (13 décembre)
  • « Granma, les trombones de La Havane »
    Cuba a fêté cette année le soixantième anniversaire de sa Révolution. Désormais, alors que Fidel Castro est mort, que reste-t-il des idéaux et de l’espoir que souleva et soulève encore cette révolution,... Lire la suite (12 décembre)
  • "Portrait de Ludmilla en Nina Simone"
    « Portrait de Ludmilla en Nina Simone » est repris du 13 au 21 décembre au Théâtre des Abbesses 31, Rue des Abbesses 75018 Paris - 01 42 74 22 77 https://www.theatredelaville-paris.comLire la suite (11 décembre)
  • « Féministe pour homme »
    Noémie de Lattre n’a pas attendu l’affaire Weinstein et me-too pour parler des femmes et du féminisme dans ses pièces et dans son livre. Et sur ce sujet son spectacle, qui tient du théâtre, du cabaret... Lire la suite (6 décembre)