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Un film de Namir Abdel Messeeh (France)

"La vierge, les coptes et moi…" Sortie en salles le 29 août 2012

Namir, cinéaste débutant, est d’origine égyptienne. S’il a passé la majeure partie de sa vie en France, il éprouve le besoin de retourner en Égypte pour y réaliser un film sur un sujet qui l’intéresse tout particulièrement : les apparitions miraculeuses de la Vierge au sein de la communauté copte chrétienne.

Lorsqu’il arrive sur place, il prend très vite la mesure du flou qui entoure le sujet. Parmi les témoins qu’il rencontre pour les interroger, certains affirment avoir assisté à une ou plusieurs apparitions et d’autres qui se trouvaient au même moment au même endroit, soutiennent qu’il ne s’est rien passé.

Les vidéos qui ont été faites sur l’événement ne sont pas très convaincantes non plus, si bien que le sujet privé de matière s’émiette et qu’à Paris, la production du film s’interroge sur la finalité de l’entreprise.

Car, déçu par les premiers rendus de son travail de recherches, Namir qui s’est rendu dans le village familial, s’est mis à se passionner pour le quotidien de ses oncles et cousins, des gens simples qui, pour la plupart d’entre eux, vivent pauvrement d’une agriculture livrée à des méthodes archaïques.

Prenant connaissance des nouveaux centres d’intérêt de Namir qu’il considère comme étant hors sujet, son producteur menace de lui couper les vivres.

C’est alors que la mère du cinéaste, une femme efficace et forte en gueule, prend les choses en main et décide d’agir de telle sorte que Namir puisse finir son film avec les derniers deniers dont il dispose.

L’idée de Namir est de mettre en scène une apparition. Mais il lui faut, pour cela, convaincre les autorités religieuses, les pères des jeunes filles qui pourraient interpréter la vierge, tout le village, du bien-fondé de son initiative et convaincre tout le monde que son idée de reconstitution n’est pas sacrilège.

Ce ne sera pas sans mal…

"La vierge, les coptes et moi…" n’est pas, comme pourrait le laisser supposer le titre et l’affiche, une comédie débridée, penchant du côté de l’excès et de la caricature.

C’est tout au contraire, une comédie fine et subtile sur les racines, la religion, sa pratique et les idées reçues et sur…le cinéma.

L’intelligence, la retenue, le tact avec lesquels Namir Abdel Masseeh mène son récit n’empêchent pas son film d’être à la fois drôle, rocambolesque et audacieux, de trouver dans des séquences de franche comédie une efficacité réjouissante qui pourrait aisément se mesurer à la charge comique de nos grosses comédies à succès.

Le charme du film est dans la façon dont il est conduit avec tendresse et un sens sensible de l’observation mais il est surtout dans le personnage de Namir lui-même, qui compose (ou restitue) un jeune homme candide mais obstiné, agissant toujours avec le même calme, prenant son temps, faisant preuve d’une immense patience, sachant bien que c’est à ce prix-là qu’il mènera son projet initial à terme.

Les séances de casting ayant pour but de découvrir "la vierge" idéale, la construction du décor, le" bricolage" des effets spéciaux où la scène au cours de laquelle la mère, juchée sur une carriole et munie d’un mégaphone livre les règles auxquelles devront se soumettre les figurants au moment d’exprimer leur fascination face à l’apparition, sont des moments irrésistibles. Il y en a d’autres car tout le film fourmille de gags et d’inventions.

Entre documentaire et autofiction, voilà un film à ne manquer sous aucun prétexte.

Francis Dubois

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