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Un film de Christophe Ali et Nicolas Bonilauri (France)

"La volante" Sortie en salles le 2 septembre 2015.

Sur le chemin de la clinique où il conduit sa femme sur le point d’accoucher, Thomas percute un jeune homme qui décède sur le coup.

Marie-France, la mère de ce dernier, demeure inconsolable pendant des années.

Neuf ans plus tard, elle se présente comme secrétaire "volante" dans l’entreprise où Thomas assure d’importantes responsabilités et devient sa précieuse collaboratrice.

Bien que Thomas, de nature austère, fasse obstacle à ses tentatives intrusives, elle parvient à s’immiscer dans sa vie et bientôt, auprès de chacun des membres de sa famille.

Quel est l’objectif que poursuit Marie-France ?

Cinéma : La volante

Christophe Ali et Nicolas Bonilauri s’attaquent avec " La volante ", à un cinéma auquel la production française ne se risque pas souvent : le cinéma de genre.

Ils y réussissent avec brio.

Leur film magistralement construit comprend une première partie où la trame se tisse de façon souterraine et au cours de laquelle, Marie France s’impose petit à petit à la fois comme une précieuse collaboratrice de bureau tout en s’infiltrant de façon à la fois insidieuse et audacieuse dans la famille de Thomas.

Dans sa deuxième partie qui lève petit à petit le voile sur les intentions de Marie France mais sans jamais les dénoncer clairement, le film bascule du côté du thriller en obéissant scrupuleusement aux codes du genre.

Rien ne manque dans le déroulement des événements et si aucun des clichés ne fait défaut, le récit reste passionnant voire haletant pour deux raisons essentielles : l’interprétation magistrale de Nathalie Baye qui apporte ici la preuve, après s’être faite rare sur les écrans, qu’elle demeure une grande dame du cinéma et la construction ciselée d’un récit qui fait un usage efficace des ellipses et laisse derrière lui des zones d’ombre qui, parfaitement maîtrisées, ne sont jamais un manque mais au contraire, intensifient le suspense.

Les raisons pour lesquelles Marie-France assassine à l’arme blanche, avec sang-froid, la femme de Thomas et son père dont on pensait qu’elle pouvait l’avoir épousé dans le but d’accéder à une existence confortable, apparaissent d’abord comme des actes de manipulation perverse, puis comme des actes de vengeance, et ce n’est que dans les toutes dernières séquences que se révèle la vérité.

La vérité sur les véritables intentions de Marie-France pourrait clore le film si ne survenaient de nouveaux doutes. Des facettes jusque-là inconnues de la personnalité de la volante vont amener le spectateur à se poser de nouvelles questions. Quelle mère avait-elle été pour son fils et la mort de celui-ci était-elle vraiment accidentelle ?

" La volante " est une totale réussite. Une des bonnes surprises (avec "La vanité") de cette rentrée cinématographique un peu somnolente.

Christophe Ali et Nicolas Bonilauri qui avaient réalisé en 2001," Le rat " et en 2006 " Camping sauvage" , confirment un talent qui pourrait, et ce serait justice, les mettre au rang des grands réalisateurs français.

Francis Dubois

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