Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Nadia El Fani (France-Tunisie)

" Laïcité Inch ’Allah !" Sortie en salles le 21 septembre 2011

"Laïcité Inch’Allah !" est un documentaire réalisé quelques mois avant la révolution tunisienne. Un film sur la tolérance, un appel pacifique afin que chacun puisse faire ses libres choix, et exprimer librement ses opinions, ses croyances, sa manière de vivre.
En août 2010, au moment du ramadan, sous le régime de Ben Ali et malgré le poids de la censure, Nadia El Fani filme une Tunisie ouverte au principe de liberté de conscience et s’exprime sur son rapport à l’Islam.
Quelques mois plus tard, contre toute attente, la révolution éclate. Nadia El Fani, sorte de passionaria, est sur le terrain, au premier rang des manifestants et des débats.
Alors que le monde arabe amorce une phase de changement, la Tunisie qui a lancé le mouvement de révolte, devient le laboratoire quant à sa vision de la religion.
Le sujet de ce film, au départ prémonitoire, fait le lien entre l’idée de départ : un arrêt sur image, un cliché témoin du pays en août 2010, et l’explosion révolutionnaire survenue trois mois plus tard, en décembre de la même année.
Un événement qui allait permettre de lever le voile sur les réalités du régime Ben Ali auquel on avait jusqu’ici, trouvé des points positifs : la condition de la femme dans un pays arabe, l’éloignement du danger de l’intégrisme religieux, faisant passer au second plan une réalité cachée, les conditions de vie extrêmement précaires d’une partie de la population ou beaucoup plus visible, le musellement de la presse…
La révolution est un pas important vers une démocratie. Et si, pour une fois, par la volonté de son peuple, un pays musulman optait pour une constitution laïque, les Tunisiens auraient vraiment réussi la révolution…
Le propos que véhicule le film de Nadia El Fani va dans le sens de cette démocratie laïque. La cinéaste filme le quotidien pendant le mois du ramadan qui illustre l’emprise totale de la religion sur la société. Chacun doit, au cours du mois saint, se soumettre aux règles d’un jeûne qui dure du lever au coucher du soleil.
Face à cette "obligation" quelle attitude peuvent adopter les athées, agnostiques ou autres "irreligieux". Que leur reste-t-il de liberté dans un Etat où il semble évident que tout le monde appartient à la même religion ? Comment se sentir libre de son choix quand il n’existe aucune association assez puissante pour défendre la liberté de conscience ?
Comment se défaire de l’idée tenace qu’un athée est suspecté de sympathies avec l’occident et mis au rang des traîtres ?
La question identitaire est dans tous les films que Nadia El Fani réalise. Elle s’assortit d’une volonté farouche de contrer les clichés ou même de les ignorer pour dessiner à travers les images, les témoignages, le paysage d’un monde arabe ancré dans une modernité qu’on refuse de lui reconnaître.
Aucun peuple ne trouvera sa grandeur sans la libre expression de sa diversité.
Francis Dubois

A l’occasion de la sortie de ce film à Paris,
la Ligue des Droits de l’Homme propose 3 rendez-vous au cinéma "Reflet Médicis"
(3 rue Champollion, Paris 5e ; Métro Saint-Michel, Cluny) à 20h  :

- Mercredi 21 septembre - Projection-débat en présence de :
- la réalisatrice Nadia El Fani
- Michel Tubiana (LDH – président d’honneur)
- Patrick Kessel (Comité Laïcité République)
Sihem Habchi (Ni putes ni soumises)

- Vendredi 23 septembre - Projection débat en présence de :
- la réalisatrice Nadia El-Fani
- Pierre Haski (Rue 89)

-  Mardi 27 septembre – Projection débat en présence de :
Souhayr Belhassen (FIDH – présidente de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme)

Autres rencontres-débats autour de ce film
AU REFLET-MEDICIS (20h30) 3 rue Champollion – 75005 :
- > VENDREDI 7 OCTOBRE, en présence de Valentine Zuber, historienne et sociologue spécialiste de l’histoire de la tolérance religieuse en Europe occidentale et de la laïcité.
- > MARDI 11 octobre : en présence de Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme.

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Zibilla ou la vie zébrée »
    Zibilla est une jeune zèbre qui a été adoptée par des parents chevaux. Dans l’école où elle va et où tous les élèves sont des enfants chevaux, ses rayures sont sujet à de constantes moqueries. Si bien... Lire la suite (12 novembre)
  • « J’aimerais qu’il reste quelque chose »
    « J’aimerais qu’il reste quelque chose », c’est la phrase que prononce une donatrice sans descendant qui vient déposer des documents personnels relatifs à la Shoah dont elle est en possession et qui n’a... Lire la suite (12 novembre)
  • « Le bel été »
    Amed, Mohamed et Wally, réfugiés de Guinée et du Mali ont été recueillis par Robert, Simon et Sophie dans leur maison du bord de la Manche, siège de l’association « des lits solidaires » Ils vont... Lire la suite (11 novembre)
  • « Rendre la justice »
    En France, l’appareil juridique apparaît le plus souvent comme une machine infernale, opaque, mystérieuse, impersonnelle à laquelle il vaut mieux ne pas avoir à faire, qu’il vaut mieux ne pas... Lire la suite (9 novembre)
  • « Noura rêve »
    Jamel a été condamné à une peine de prison ferme pour différents vols, escroqueries et récidives et Noura a demandé le divorce d’autant plus déterminée à retrouver sa liberté qu’entre temps elle a... Lire la suite (9 novembre)