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"Le Bon, la Brute, le Cinglé" Un film de Kim Jee-woon (Corée) - sortie en salle le 17 décembre

Après s’être essayé au film comique (The fool king), au film d’horreur (Deux sœurs) et au film noir (A Biettersweet life), Kim Jee Woon aborde avec "La bon, la brute, le cinglé", le genre le plus occidental qui soit : le western. Il le fait avec délectation en utilisant les règles du genre auxquelles il tord le cou avec beaucoup de malice.
Nous sommes dans les années trente. La Mandchourie, terrain de rivalités des grandes puissances impérialistes qui est sous l’occupation japonaise traverse une période difficile. Des oppositions culturelles ou linguistiques entre Russes, Chinois, Mandchous et Coréens débouchent sur des situations explosives.
C’est dans ce contexte que trois hommes vont redoubler de ruses, de violence, et se mener une lutte sans merci pour conserver ou récupérer une carte au trésor volée à un haut dignitaire japonais.
Le cinglé a volé la carte et c’est lui qui la détient. C’est un personnage jovial, faussement naïf qui évite les balles en sautillant ou en enfilant un casque de scaphandrier. Le brute veut à tout prix la récupérer. Il est invincible et les balles l’évitent. C’est un beau ténébreux vêtu de cuir noir, un peu fluet. Le bon se déplace avec une fluidité qui le rend invulnérable. Son but, empocher la prime.
Ce film dont le tournage a duré neuf mois est la plus grosse production du cinéma coréen à ce jour. Il réunit également les trois plus grands comédiens coréens du moment.
Si, dans la première heure du film, des images acrobatiques, une photographie saturée et un montage serré étourdissent un peu, la caméra devient virtuose dans les deux morceaux d’anthologie que comporte le film : l’attaque du train et la course poursuite de vingt minutes dans le désert, quand le cinglé sur sa moto en possession de la carte est poursuivi par la bande de la brute, par celle du bon, les uns et les autres bientôt rejoints par la cavalerie de l’armée japonaise.
Aux cavalcades traditionnelles prises dans la tourmente des tirs de toutes sortes et de la poussière s’ajoute ici un élément nouveau, la moto pétaradante que monte le cinglé qui tient à distance les meilleurs cavaliers et qui, par des zigzags improvisés échappe miraculeusement aux balles.
On est à la fois dans la tradition du western et dans le burlesque. On n’est pas loin non plus du western spaghetti .Les paysages grandioses et le rythme effréné font bon ménage avec des personnages à la fois attendus et imprévisibles qui sans cesse, jouent avec les étiquettes que leur attribue le titre du film et avec les stéréotypes.
Deux heures de suspens, de rire, d’émotion et d’insolence…
Francis Dubois

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