Actualité théâtrale

Jusqu’au 25 février au Théâtre 14

« Le Cabaret Blanche » Réduc’Snes

Au début de la guerre de 1914, Pippo Pepino, le jeune fils d’un immigré italien qui vient d’être réformé en raison de sa petite taille, arrive à Paris dans l’espoir de retrouver son cousin qui vient d’être enrôlé. Venu de son petit village, il découvre ébloui Paris et rencontre Violette, une jeune habilleuse, qui le conduit au célèbre Cabaret Blanche que lui a vanté son père. Dirigé par la sœur de Violette, Blanche, une diva androgyne qui mène les artistes qui s’y produisent d’une main de fer, le cabaret apparaît comme un lieu mystérieux, à l’écart de la guerre, où des musiciens étranges côtoient un comique troupier, un trio échappé d’une comédie musicale américaine et une mystérieuse danseuse qui mixe danse indienne et orientale.

Théâtre : le cabaret blanche

Si on peut regretter que l’histoire qui vient relier les numéros musicaux manque un peu de rythme, on se régale de l’atmosphère de cabaret des années 1910 bien recréée, dans un décor très cinématographique. Le spectateur passe des coulisses à la scène, où évolue un trio de musiciens improbables, avec un guitariste (Patrick Gavard-Bondet), sorte de Sioux échappé des grandes plaines de l’Ouest américain, un contrebassiste bossu ( Stéphane Bouba Lopez) qui ne supporte pas qu’un homme puisse regarder sa Juliette (sa contrebasse) et un percussionniste arabe, Djamel Taouacht. À leur côté apparaît un trio qui chante et danse, avec une précision et une drôlerie remarquables, des airs américains façon comédie musicale un peu jazzy. Pierre Babolat est Sandrex, le comique troupier digne héritier de Dranem, qui veut à toute force caser sa nouvelle composition « ‘Y a un trou dans mon quai », qui fait se gondoler la salle. Camille Favre-Bulle passe de la Violette mutine, qui vient de défier les interdits en se faisant couper les cheveux, à la sensuelle Shandra Kali, sorte de double de Mata Hari. Benjamin Falletto campe Blanche, sorte de drag-queen des années 1910, qui joue admirablement de l’ambiguïté de sa silhouette androgyne. Sa dureté cache un passé difficile et la peur de la solitude et c’est elle qui apporte la note finale pleine d’émotion en chantant la chanson de Fréhel Où sont tous mes amants.

C’est un spectacle où l’on glisse de la poésie au burlesque, plein de charme, de sensibilité et, à la fin, d’émotion.

Micheline Rousselet

Mardi, vendredi et samedi à 20h30, mercredi et jeudi à 19h, matinée le samedi à 16h

Théâtre 14

20 avenue Marc Sangnier, 75014 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 45 49 77

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