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Un film de James Marsh (GB-USA)

« Le Projet Nim » Sortie en salles le 11 janvier 2012

Dix ans après la parution du livre «  La planète des singes  », un éminent professeur d’un Centre de recherche sur les primates, confie un jeune chimpanzé né en captivité à une famille humaine afin de le former à l’apprentissage du langage.

Le projet Nim est lancé, et grâce à ce professeur de psychologie, le jeune primate est censé être initié à la langue des signes et, dans un deuxième temps, censé acquérir les rudiments de vocabulaire et de grammaire lui permettant d’exprimer ses réflexions et ses émotions.

Le film de James Marsh s’attache au parcours en milieu humain d’un chimpanzé depuis sa naissance jusqu’à l’âge adulte. La première constatation est qu’il existe beaucoup de points communs entre humains et chimpanzés, mais que les différences ne cessent de s’accentuer à mesure que l’animal grandit.

Si, à l’identique d’un humain, le primate rit, pleure, réclame attention et affection, sait se montrer attentionné, affectueux et joueur, il garde une large part de bestialité qui ne fera que s’accentuer au fil des années.

Mais au terme de cinq années de cette expérience, malgré la diversité des « familles d’accueil » et l’acquisition d’un certain nombre de réflexes calqués sur le fonctionnement humain, l’instinct animal a repris le dessus. Les réactions de Nim deviennent incontrôlables et peuvent s’avérer dangereuses pour son entourage. Et même si après un accès de violence, l’animal peut avoir des élans de repentir, la sauvagerie imprévisible finira par avoir raison de toutes les tentatives généreuses à son égard.

« Le projet Nim » est contestable à plusieurs titres. L’expérience qui se soldera par un échec,verra au terme de cinq années d’une existence ouverte, l’animal rendu à une captivité qui sera d’autant plus difficile à vivre qu’il n’y a été, à aucun moment, préparé.

Il aura fallu cinq années à des chercheurs sur le comportement des primates pour constater l’échec de l’expérience et tenir pour positif chez Nim l’acquisition du langage des signes. Ces éminents chercheurs auraient-ils oublié que singer signifie imiter et que c’est dans la nature des primates de reproduire les gestes et les mimiques des humains.

Il y a, dans l’acharnement à reconduire l’expérience jusqu’aux limites extrêmes du danger, dans l’aveuglement des chercheurs et des accueillants à considérer l’échec prévisible, quelque chose de très dérangeant qui débouche plus sur un acharnement à déboucher sur une expérience positive que de la générosité à l’égard d’un animal.

Il suffit de voir, à la fin du film, les images de Nim en cage, chimpanzé inadapté à son propre destin d’animal captif, pour faire le constat qui s’impose, celui de la cruauté de l’homme dans sa détermination orgueilleuse à mener, pour sa gloriole, des expériences sacrifiées.

C’est au titre de cette dénonciation que le film est intéressant et non pas au titre de l’expérience elle-même.

Francis Dubois

 

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