SET (TCHAD)

Le SNES soutient le syndicat tchadien de l’éducation (SET) en finançant la publication de son journal trimestriel

Cette coopération avec le SET, assez ancienne, puis interrompue quelque temps, a repris depuis le deuxième trimestre 2016-2017 et se poursuivra cette année. Éditer un journal syndical trimestriel n’est pas si simple dans ce pays en proie au dénuement matériel comme aux pressions politiques. Nos camarades du SET, femmes et hommes, rédigent les articles en français ou en arabe (les deux langues officielles du pays) et distribuent leur publication auprès des sections de province. Mais rien n’est simple dans ce pays classé au 3ème rang des pays les plus pauvres du monde : très mauvais fonctionnement du réseau internet, insuffisance du réseau électrique ( 5 % de la population aurait un accès domestique à l’électricité), difficultés de transport, insécurité aux frontières nord et est. A cela s’ajoutent les freins à l’action syndicale (une loi de 2016 prive désormais les agents publics de leur droit de grève), les retards de paiement des enseignants et la baisse de 50 % de leur salaire. Le régime dictatorial d’Idriss Déby continue pourtant d’être fortement soutenu par les Etats-Unis et la France dans le cadre de la lutte anti-terroriste dans le Sahara et au Sahel.

Le SET continue de lutter pour une éducation de qualité et neutre politiquement. Le dernier numéro de La Lumière, le journal du SET, aborde aussi la question de l’enseignement supérieur : en moins de quatre ans dix universités ont été créées à travers le pays, plus pour des effets d’affichage que pour véritablement améliorer l’accès au supérieur. Ces universités sont sous-dotées, parfois sans connexion internet ni bibliothèque, ni laboratoire, emploient des enseignants à qui l’on a promis des primes qui n’ont jamais été versées. Un espoir de dialogue social existe puisque le gouvernement, conscient du délitement d’un État qui ne paie plus ses fonctionnaires depuis parfois des années, a mis en place une plate-forme de dialogue ; mais, à ce jour, les avancées sont minces.