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"Le Silence de Lorna" un film écrit et réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne

Fabio, un homme du milieu, arrange de faux mariages qui permettent à des ressortissants étrangers d’obtenir la nationalité belge. C’est dans ces conditions que Lorna, jeune femme albanaise a épousé Claudy un toxicomane qu’il sera facile de faire disparaître. Car, sans perdre de temps, la jeune veuve doit épouser un ressortissant russe. Mais Lorna, contre toute attente, s’est attachée à Claudy…
Depuis La Promesse, Jean-Pierre et Luc Dardenne portent le même regard sans concessions sur notre société du profit. Ils le font avec une lucidité qui exclut tout manichéisme et donne ainsi une force aux propos engagés. Lorna, employée dans un pressing du centre de Liège est une belle jeune femme déterminée et les rapports qu’elle entretient avec Fabio sont presque cordiaux, sans doute par nécessité. Même si, prise au piège du mécanisme infernal, sa marge de résistance est réduite. Et si l’horreur sociale qui marque notre époque, et si l’économie de la clandestinité fait feu de tout bois, l’histoire –Prix du scénario à Cannes 2008- ne va jamais dans une noirceur ni dans un misérabilisme auquel le sujet se prêterait. L’histoire est simple, contenue par une grande rigueur et le choix d’un réalisme brut.
La mise en scène colle au personnage de Lorna. Elle vibre avec elle, bouge avec elle, trouve son rythme avec les gestes, les regards de la jeune femme, comédienne jusque là inconnue dont le jeu tout en retenue et magnifique n’a pas su séduire le jury cannois.
Jean-Pierre et Luc Dardenne, cinéastes que deux palmes d’or à Cannes en 1999 et 2005 n’ont pas détourné de leur choix et de leurs manière, réussissent avec "Le silence de Lorna", un nouveau coup de maître.
Francis Dubois

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