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Un film d’Elodie Namer (France)

"Le Tournoi" Sortie en salles le 29 avril 2015.

Un tournoi d’échecs se déroule durant sept jours dans un grand hôtel de Budapest.

Le favori Carl Fournier, vingt-deux ans, champion de France, est programmé pour la victoire.

Il combat ses adversaires avec une puissance impressionnante.

Avec sa petite amie Lou, joueuse également et qu’il entraîne, et en compagnie de ses acolytes Aurélien, Anthony et Mathieu, il multiplie les jeux et les paris dans un esprit des plus potaches.

Mais, alors qu’il se dirige droit vers la victoire, Carl croise le chemin d’un adversaire imprévu en la personne d’un très jeune joueur.

Cinéma : Le tournoi

Sa rencontre avec des joueurs d’échecs a provoqué chez Elodie Namer un véritable coup de foudre pour cet univers singulier et fascinant.

Mais comme c’est un monde clos qu’il est difficile de pénétrer pour quelqu’un qui n’est pas partie prenante, elle s’est lancée dans une approche intensive du jeu pendant six mois avant de commencer la compétition.

Pour la préparation du film qu’elle avait en tête, elle est devenue elle-même joueuse d’échecs pendant plus d’un an et a écumé les tournois avec les jeunes grands maîtres internationaux dont elle s’est inspirée pour l’écriture du scénario.

Le film témoigne de sa fascination pour cet univers et le mécanisme fermé et oppressant des tournois.

La partie "documentaire" de "Le Tournoi" est cependant beaucoup intéressante que la fiction dont elle a fait le choix.

Le film se déroule en Hongrie et les échecs sont une discipline très liée à la guerre froide. Pour autant les personnages sont complètement indifférents à l’histoire du pays où ils séjournent et certains avouent de pas savoir s’ils se trouvent en Europe.

C’est l’aspect totalement clos de ces tournois qu’il était intéressant de montrer. Les grands joueurs sélectionnés voyagent beaucoup. Ces concours les ont amenés à faire plusieurs fois le tour du monde mais ils peuvent tout ignorer des pays dans lesquels ils séjournent et ces constants déplacements ne les renseignent pas non plus sur la géographie.

Entre préparation et déroulement des matches, les jeunes joueurs se laissent aller à des activités de détente d’inspiration potache.

Il suffisait qu’Elodie Namer filme l’enfermement dans l’univers du jeu pour que le film soit passionnant.

Les éléments fictionnels qui s’ajoutent, les fluctuations amoureuses entre le jeune héros et sa copine, les relations entre les garçons du groupe ou ce qui concerne le personnage du mentor entraîneur, affaiblissent d’autant plus le propos du film que ces épisodes sont souvent maladroits ou trop systématiques.

La musique, la photographie, la composition des plans ne contribuent pas à recoller les morceaux d’un scénario distendu alors qu’il aurait gagné, pour mieux rendre l’impression d’enfermement à se resserrer sur l’essentiel.

Francis Dubois

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