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"Le bal des actrices" Un film écrit et réalisé par Maïwenn (France) - sortie en salles le 28 janvier

En 2006, Maïwenn réalise "Pardonnez-moi", un premier long métrage qui obtient un beau succès critique et décroche une double nomination aux Césars 2007.
Cette fois-ci, elle réquisitionne pour son film une douzaine d’actrices du moment, qu’elle approche, questionne avec tendresse ou malice, qu’elle pousse dans leurs retranchements et qui parfois lui donnent du fil à retordre. "Les bal des actrices" n’est pas, à proprement parler, un documentaire dans la mesure où le portrait qui est fait de chacune des intervenantes n’est pas à prendre à la lettre. On n’est pourtant sans doute pas loin de la réalité quand Jeanne Balibar affirme vouloir sortir de l’image d’actrice intellectuelle qui lui colle à la peau. Ni quand Marina Foïs parle de ses rides, quand elle dénonce la cruauté des castings ou quand Romane Bohringer exprime ses souffrances d’actrice has been…
Partant d’une caractéristique authentique de chacune, Maïwenn brode en toute liberté une série des portraits drôles ou émouvants mais toujours attachants et le film passe sans cesse du réel à la fiction non sans avoir pris soin de brouiller les pistes. Et c’est sans doute, dans cet incessant dépassement de la ligne frontière, dans cette sorte de trouble qui en résulte, dans un dosage subjectif du vrai et du faux que Maïwenn tourne ce tâtonnement à son avantage et sort triomphante d’un exercice qui avait toutes les raisons de se casser le nez.
"Le bal des actrices" flirte avec la comédie musicale puisque chaque actrice complète son portrait avec une chanson chorégraphiée qu’elle interprète. Et là aussi, le culot de Maïwenn paie puisque c’est à chaque fois, dans une tonalité différente, un plaisir renouvelé et l’occasion pour chacune de livrer une autre facette de son talent.
De toute évidence, Maïwenn aime les actrices et c’est sans doute dans cette façon si singulière qu’elle a de les aborder, de les aimer, de les talonner sans cesse, de les piquer au vif et de viser à chaque fois juste qu’elle réussit un film qui ne ressembla à aucun autre et qui puise dans une fragilité et un désordre trompeurs une force qui le situe bien au-delà du simple divertissement.
Toutes (et tous) sont très bien. Une mention spéciale à Charlotte Rampling dans le rôle de la Diva lointaine et récalcitrante que Maïwenn a associée, pour la partie chantée de son apparition à Joey Starr, au demeurant très convaincant dans le rôle du compagnon de la cinéaste.
Francis Dubois

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