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Un film de Julie Lopes Curval (France)

"Le beau monde" Sortie en salles le 20 août 2014.

Alice, tout juste vingt ans, vit avec sa famille à Bayeux. Elle travaille la laine, crée des teintures, confectionne des vêtements originaux mais elle est de nature réservée, doute de ses qualités de créatrice et ne dispose d’aucun moyen pour révéler son talent.

Sa rencontre avec Agnès, une riche parisienne qui travaille dans le milieu de la mode va provoquer un déclic et lui permettre d’intégrer une prestigieuse école d’arts appliqués à Paris où elle retrouve Antoine, le fils de sa bienfaitrice.

Entre les deux jeunes gens naît une passion amoureuse qui permettra à Alice de découvrir l’intérieur d’un monde qui la fascine, "le beau monde".

En fine observatrice, elle va s’enrichir au contact de personnes nouvelles et prendre petit à petit, confiance en elle.

Mais le beau monde est un monde plein de pièges et cela, Alice l’ignorait.

Le film de Julie Lopes Curval semble d’une grande prudence pour raconter l’histoire rabattue d’une jeune provinciale lâchée dans le grand tumulte du monde parisien.

La réalisatrice semble vouloir tenir à ce point le "beau monde" hors des clichés que, privé d’éclat et de luxe, on en arrive à se demander parfois contre quel "monstre" Alice va se brûler les ailes. On a beau appeler l’habitation d’Agnès, " le château", on en perçoit à peine le faste et, malgré le talent qu’on lui reconnaît habituellement, Aurélia Petit compose une "châtelaine" évoluant dans le monde de la mode peu convaincante.

Privé de ses excès et de ses codes habituels, le "beau monde" de Julie Lopes Curval paraît bien terne et surtout bien peu vénéneux.

Du coup, le personnage d’Alice, interprété dans la retenue par la prometteuse Ana Girardot ne rencontre de danger que dans son histoire d’amour avec un Antoine dont on aurait pu parier, dès les premiers moments de leur idylle, qu’il n’était pas garçon à tenir ses promesses jusqu’au bout.

Le télescopage de deux mondes contrastés n’est traité qu’en surface et c’est peut-être dans la condescendance qu’exprime le beau monde à l’égard de l’autre, modeste, humble et maladroit, que le sujet est vraiment abordé.

Antoine, sans doute en toute innocence, photographie la mère d’Alice dans sa robe à gros motifs fleuris comme un photographierait un curieux animal.

Sans doute toujours guidée par le souci d’éviter de tomber dans le cliché, Julie Lopes Curval ternit ses personnages et celui d’Harold, le compagnon d’Agnès, un autodidacte d’origine modeste, qui est le plus intéressant, se perd dans les effets de prudence.

Le récit est un peu exsangue malgré quelques bonnes idées, les interprétations ciselées d’Anna Girardot, de Bastien Bouillon et les apparitions savoureuses de Sergi Lopez.

Francis Dubois

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