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Un film de Radu Mihaileanu (France Belgique)

"Le concert" Sortie en salles le 4 novembre

Andreï Filipov, considéré comme un des plus grands chefs dirigeait le célèbre orchestre du Bolchoï. Il fut licencié sous Brejnev pour avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais comme homme de ménage. Il astique le bureau du directeur lorsqu’il assiste à l’arrivée d’un fax émanant du Théâtre du Châtelet qui invite l’orchestre officiel pour un concert unique. Il subtilise le fax, l’empoche et part à la recherche de tous ses anciens musiciens avec l’intention de les faire passer pour le Bolchoï…
Dans la première partie du film, Andreï Filipov, flanqué de son vieux complice Sacha, retrouve un à un la plupart de ceux qui constituaient le célèbre orchestre. Il sont disséminés dans la ville et, pour la plupart, vivent de petits boulots. Certains ne sont pas loin de la clochardisation. Personnages hauts en couleur, il ont perdu les belles manières d’autrefois. Certains redécouvrent leur instrument pour l’occasion et c’est ici que la tonalité du film s’installe. On fait fi de toute vraisemblance et on dérive vers une comédie tendre, sur une galerie de portraits tracés à gros traits mais non dépourvus de chaleur et d’émotion.
La deuxième partie traite des difficultés administratives pour quitter le pays en passant par le système D, la débrouille, les combines et de l’arrivée à Paris où le manager du faux orchestre a obtenu des nuits dans un palace et une soirée dans un restaurant qui n’existe plus mais dont on maquille la façade pour l’occasion. Les membres de l’orchestre excités de séjourner à Paris se laissent aller et ne respectent ni les horaires ni les rendez-vous. La répétition organisée par le théâtre du Châtelet réduit l’orchestre à un quatuor, le reste des participants étant partis s’égayer à travers la capitale. La rencontre entre Andreï Filipov et le violon solo tourne court et la menace d’annulation du Concert se précise…
Mais au final, au bout d’un labyrinthe de difficultés, le concert sera un tel succès que des dates de prolongation sont annoncées et le violon solo, une orpheline recueillie et élevée autrefois par une femme dévouée, découvre, en même temps que les raisons pour lesquelles elle a été imposée par Andreï, qui était sa vraie mère…
Radu Mihaileanu, qui avait réalisé en 2002 "Va, vis et deviens", propose avec "Le concert" une comédie conte de fée à la trame cousue de fil blanc. On pourra lui reprocher certaines facilités et le fait que le dénouement soit très prévisible. Mais c’est le côté jovial et bon enfant qui l’emporte, l’histoire touchante et pleine de générosité. Il y a une belle complémentarité entre certaines facilités du scénario, le fond du propos et le côté bariolé de l’ensemble.
Francis Dubois

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